Olivier's profileAnecdotes de la Conquête...PhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    October 20

    Geno et Geno

     

    Le légendaire Directeur de Vol, Eugene Kranz, et le dernier Homme sur la Lune, Eugene Cernan sont de très très bons amis... Ils s'appellent mutuellement "Geno" !

    A titre privé ils sont tous les deux membres de l’Eglise Catholique Romaine et faisaient partie de la même paroisse lorsqu'ils étaient en activité.

    Par une belle coïncidence, il se trouve que "Gene" Kranz a servi pour la première fois comme Directeur de Vol en chef (Lead Flight Director) lors de la première mission spatiale de Cernan, Gemini 9A, et qu'il a exercé pour la dernière fois la responsabilité de Directeur de Vol, à l'occasion de la dernière mission spatiale de Cernan, Apollo XVII !  

    August 23

    Christopher Columbus Kraft - Un détail insignifiant peut changer le cours d’une vie !

     

    En 1944, lorsque Christopher Kraft obtient son diplôme d’ingénieur en ingénierie aéronautique du Virginia Polytechnic Institute avec B+ de moyenne  il propose ses services au constructeur d’avions Chance Vought dont le siège se trouve à East Hartford dans le Connecticut, et, juste au cas où, car il faut toujours avoir un plan de secours, il envoie également sa candidature au NACA (National Advisory Committee for Aeronautics), une agence fédérale dont le siège est à Hampton*  en Virginie, au sein du Langley Memorial Aeronautical Laboratory, qui deviendra le Langley Research Center.

    Le NACA est à l’origine d’études et de découvertes fondamentales en aéronautique.

    Il reçoit deux réponses favorables.

    Il se rend donc comme convenu à Bridgeport dans le Connecticut pour son premier jour de travail chez Chance-Vought.  Pour entrer dans les locaux, le secrétaire à l'accueil lui demande son certificat de naissance.

    « Je ne l’ai pas sur moi, personne ne m’a rien dit ! »

    « Vous ne pouvez pas entrer sans. Mesures de sécurité »

    « Que puis-je faire ? »

    Kraft passe quelques coups de fil et envoie un télégramme au service de l’état civil de Richmond pour qu’on lui envoie un extrait d’acte de naissance. Le certificat est sensé arriver par porteur spécial le lendemain. Mais non.

    Le secrétaire lui demande de revenir le surlendemain. Toujours rien.

    Kraft demande à parler à un responsable.

    « Non ce n’est pas possible ! »

    « Ah non ? Et pourquoi pas ? »

    « Question de sécurité, vous parlerez à un responsable lorsque vous aurez votre certificat ! »

     

    Agacé par la mentalité bureaucratique de cette société, il appelle le NACA pour demander si leur offre d’emploi tient toujours, on lui passe un responsable qui prononçe les mots magiques :

    « Bien sûr ! Quand pouvez-vous commencer ?

    « La semaine prochaine »

    « Bon, disons jeudi prochain. A très bientôt alors ! »

     

    Il boucla sa valise en deux minutes, et il lui fallut 5 minutes de plus pour rédiger une lettre à Chance -Vought expliquant les motifs de sa décision. Il ne reçut jamais de réponse !

     

    Tout le monde connaît la suite, le NACA disparaîtra en 1958 pour être incorporé dans la nouvelle NASA, une agence qui s’occupera d’aéronautique mais également d’espace. Christopher Columbus Kraft deviendra le premier directeur de vol de la NASA… 

    Avec un tel prénom il ne pouvait avoir qu'un destin hors du commun !  Kraft reste à jamais le premier "Flight", une figure de légende de la conquête spatiale !

     

    Comme quoi, un détail insignifiant peut changer le cours d’une vie ! 

     

     

    * Anecdote dans l'anecdote : la petite ville de Phoebus dont Kraft est originaire sera administrativement absorbée par Hampton en 1952.  (Phoebus avait le statut de «Town », Hampton celui de « City »)

    August 09

    Guenter Wendt - Une visite mémorable !

     

    Guenter Wendt a toujours été très fier de faire partie du personnel directement impliqué dans les lancements. Parmi les milliers de personnes qui travaillent pour les vols habités, seuls un petit pourcentage ont le privilège de voir les vaisseaux spatiaux de près. Tous les corps de métiers sont indispensables et il est injuste que toutes ces personnes ne puissent pas voir les engins qui partent dans l’espace. Ce constat lui parut encore plus évident quelques temps après le « roll out » d’Apollo 14 vers le Pad A, lorsqu’un monsieur d’un certain âge vient à sa rencontre alors qu’il se dirige vers l’ascenseur de la « Structure Mobile de Lancement »*. Il s’agit d’un des agents d’entretien.

    « Excusez-moi monsieur, n’êtes vous pas la personne responsable du Pad ? »

    « Pas exactement » répond Guenter Wendt, « je suis seulement responsable des secteurs qui concernent le vaisseau spatial.»

    « Voilà, je travaille ici depuis plusieurs années et je n’ai encore jamais vu de vaisseau spatial. Pensez-vous qu’il y aurait moyen d’en voir un, un jour ? »

    « Combien de personnes travaillent avec vous ? » demande Wendt à brûle pourpoint.

    « Dix ! »

    « A quelle heure prenez-vous votre pause ? »

    « 14 heures ! »

    « Parfait, à 14 heures vous et vos collègues n’avez qu’à venir au niveau 4C où l’un de mes superviseurs vous accueillera ! ».

     

    Le gars n’en croit pas ses oreilles !

     

    A 14 heures très précises, les agents d’entretien se présentent à l’endroit convenu.  Avant de commencer,  il faut nettoyer les chaussures, vider les poches, et revêtir une blouse blanche, la même que celle portée par les techniciens !

    Ce jour là, comme c’est plutôt calme, ils peuvent prendre leur temps et faire le tour complet des installations !

    Ils sont repartis enchantés !

     

    Guenter Wendt, lui aussi est heureux car il sait que ces personnes pourront raconter à leurs enfants et petits-enfants l’histoire de ce  jour où ils ont vu un vaisseau spatial qui a fait le voyage vers la Lune !

     

     

    * = Mobile Service Structure (C'est une structure en acier qui comporte plusieurs étages permettant l'accès aux différents systèmes du lanceur et du vaisseau spatial. Cette "tour" est ensuite déplacée pour permettre le lancement) Pour de plus amples informations sur la MSS : http://www.de-la-terre-a-la-lune.com/apollo.php?page=technos_mobss

     

    Christopher Kraft - Glenn plus haut que Kennedy !

     

    Après le vol triomphal de John Glenn, le Président Kennedy a tenu à se déplacer en personne au Cap Canaveral, pour venir féliciter le nouvel héros de l'Amérique. Il en profite pour visiter le Centre de Contrôle des missions qui à l’époque s’effectue là bas.

    John Kennedy arrive radieux au  « Mercury Control Center » accompagné de Glenn et d’une nuée de dirigeants de la NASA, de membres du Congrès, d’agents secrets et de journalistes.

    Kennedy et Glenn s’avancent en même temps et tendent leurs mains à Christopher Kraft, le Directeur de Vol. Pendant une fraction de seconde, il hésite, quelle main serrer en premier ? Contre toute attente Kraft serre d’abord la main de John Glenn en le félicitant pour sa performance, puis celle du Président !

    Ce dernier lui fait comprendre par un large sourire, qu’il ne lui en veut pas d’avoir serré la main du premier américain en orbite, avant la sienne !

    August 08

    Guenter Wendt - Vice de forme et vis cachée !

     

    Nous sommes le 20 février 1962, John Glenn est installé dans Friendship 7, il est temps pour l’équipe de Guenter Wendt de procéder à la fermeture de la capsule en posant et en fixant à l’aide des 70 boulons nécessaires, le panneau de la trappe d'accès. Alors que l’opération est à moitié terminée, une vis casse net, Guenter Wendt ordonne alors son remplacement et en informe Walt Williams par téléphone, qui fait interrompre le compte à rebours.

    Wendt récupère la vis et la met dans sa poche. Cet incident nécessite le redémontage complet du panneau afin d’extraire le morceau resté à l’intérieur, une opération qui prend environ 22 minutes, pendant lesquels la caméra de télévision fixe de la « White Room » retransmet les images des techniciens affairés, de dos, qui arborent le logo « Mc Donnell » sur leurs blouses blanches. James McDonnell, (Mr Mac, le grand patron) jubile, ravi de cette publicité gratuite !

    A 8:05 le compte à rebours reprend et quelques instants plus tard tout le monde quitte la « White Room ». Après le décollage Guenter Wendt retourne à son bureau dans le Hangar S.

    En fin d’après-midi il reçoit un coup de fil de John Yardley (ingénieur en chef du projet Mercury chez McDonnell) : « Mr Mac souhaiterait récupérer la vis cassée afin de la faire recouvrir d’une couche d’or et l’exposer dans les locaux du siège de la société à St Louis. »

    Guenter Wendt regarde la vis et se dit : « aucune vis cassée ne ressemble plus à une vis cassée qu’une autre vis cassée » et il se trouve justement que dans le Hangar S, il y a quelques vis de trappe Mercury dans le même état !

    Guenter Wendt se rend donc au bureau de Yardley pour lui donner l'objet.

    « Tu sais Guenter, il n’y a qu’une seule personne qui sait si cette vis est vraiment la bonne » lance t-il en l’examinant longuement dans ses mains, il ajoute : « Tu jurerais sur une pile de Bibles que c’est bien la bonne ? »

    « Tu as des Bibles sous la main ? » demande Wendt.

     

    Comme il n’y avait pas de Bible alentours, ce que Wendt savait pertinemment, il fut convenu qu’il s’agissait de la vraie vis.

    Il se trouve que dans la collection personnelle de Guenter Wendt, il y en a justement une qui lui ressemble étrangement !

     

     
    wendtbolt.jpg
     
    "LA" vis (collection personnelle de Guenter Wendt)
    August 03

    Christopher Kraft - Un verre de lait et un bon cigare !

     

    Chris Kraft, le premier Directeur de Vol de la NASA, qui finît sa carrière comme Directeur du Johnson Space Center, buvait un grand verre de lait chaque fois que son ulcère à l’estomac, diagnostiqué en janvier 1957, le faisait souffrir. Son médecin le Dr Kearney lui avait par ailleurs vivement conseillé d’arrêter de fumer car disait-il : « C’est comme verser de l’essence sur un feu ».

    Ainsi fut fait… exception faite du cigare savouré à la fin d’une mission !

     

    Une coutume qui a aujourd’hui disparu, fumer est désormais interdit dans les bâtiments de la NASA !

    April 11

    Arthur Rudolph - Werner ? Quel Werner ? Ah Wernher !

     

    Le 14 octobre 1967 le « Countdown Demonstration Test »* de la fusée Saturn V qui a débuté le 29 septembre et a été émaillé de nombreux problèmes, s’achève enfin. Désormais tout est prêt pour le premier lancement qui doit intervenir le 9 novembre prochain. C’est Arthur Rudolph, le Directeur du programme Saturn V qui est bien évidemment responsable de ce test, il se trouve au centre de contrôle des lancements (LCC - Launch Control Center) du Centre Spatial Kennedy.

    De toute part les messages de félicitations affluent,  une « ligne intercom » permet à tout le monde d’entendre les conversations, soudain on entend :

    « Arthur, toutes mes félicitations pour cet excellent travail ! »

    « Merci, mais à qui ai-je l’honneur ? » demande un Rudolph exténué

    « C’est Wernher »

    « Werner qui ? » demande Rudolph qui ne reconnaît toujours pas son interlocuteur (il convient de préciser qu’il y avait plusieurs Werner à Huntsville, Werner Dahm, Werner Kuers, Werner Sieber, Werner Tiller, Werner Voss, Werner Rosinski, Werner Gengelbach…   mais un seul Wernher avec un h qui est l’orthographe « classique » de ce prénom)

    « Espèce de [censuré] ! » lance Von Braun, « Je suis celui qui va à Washington pour demander les crédits qui te permettent de t’amuser avec tes petits jouets »

    Après une pause, Rudolph, passablement embarrassé, s'exclame :  « Ah, Wernher Von Braun ! »

     

    De retour à Huntsville Rudolph ne manqua pas de se faire chambrer par ses collègues, un épisode qui fera également l’objet d’une bonne partie de rigolade avec Von Braun.

    Lors de la fête organisée pour sa retraite fin 1968, on passa l’enregistrement de cette conversation !

     

    * Le CDT est une simulation grandeur nature qui permet de valider toute la chronologie des événements et procédures (le compte à rebours) qui mènent jusqu'au lancement.

    February 11

    Bill Dana - José Jimenez l'astronaute

    Les astronautes John Glenn et Scott Carpenter, alors au faîte de leur gloire, sont sur un vol régulier à destination de Houston en compagnie de leur ami, le comédien Bill Dana*. Ils discutent tranquillement, Dana est assis au milieu, lorsqu’une dame passe devant eux, s’arrête, écarquille les yeux, et, ignorant royalement ses illustres voisins, s’adresse à Bill Dana et s’exclame : « Tiens, vous n’êtes pas José l’astronaute ? »

    *Bill Dana est un humoriste qui a créé le personnage récurrent de José Jiménez (http://www.youtube.com), les sketches dans lesquels il incarne José, l’astronaute pleutre qui ne veut pas aller dans l’espace, sont irrésistibles de drôlerie. Les astronautes Mercury sont emballés, à tel point que juste après la mise à feu de la fusée d'Alan Shepard qui dans quelques minutes sera le premier américain dans l'espace, le premier CapCom de l'Histoire, Deke Slayton, lance : « Ok José, you’re on your way », cette phrase énoncée à l'occasion de ce moment historique constitue une des plus grandes fiertés du comédien.
    Bill Dana se liera d’une durable et très forte amitié avec les « Sept Premiers » et deviendra le huitième astronaute Mercury. (Bill et José sont représentés à « L’Astronaut Hall of Fame de Titusville, Floride, et mentionnés au Smithsonian Air and Space Museum de Washington D.C) Bill Dana siège au Comité Consultatif de la Astronaut Scholarship Foundation (fondation crée par Henri Landwirth et les astronautes Mercury)
     

    Bill Dana / José l'astronaute au "Steve Allen Show" sur NBC

     

    Bill Dana - José Jiménez the Astronaut

     

    Représentation de Bill Dana / José Jimenez au "Astronaut Hall of Fame" Titusville, Floride.

     


    January 29

    Günter Wendt - Un petit cadeau pour Gordo !

     

    Lors de son vol Mercury Faith 7, Gordon Cooper rencontra quelques problèmes avec son système collecteur d’urine. Quelques temps plus tard, Günter Wendt lui offrit « Le Système de Transfert d’Urine du Futur » (The Urine Transfer System of the Future »).

    Il s’agissait d’un vieux robinet, scellé sur une base, qui laissait s’écouler un liquide jaunâtre lorsqu’on l’ouvrait. Pour ce faire Günter Wendt avait percé un trou minuscule qui lui permettait à loisir de remplir le conduit du robinet grâce à une seringue hypodermique… au grand dam de Cooper !  Gotcha !   

    April 14

    Guenter Wendt - Une opale pour Herma !

     
    Guenter Wendt avait acheté une opale pour l’offrir à sa femme Herma. (Dans l’antiquité , les grecs et les romains considéraient l’opale comme un porte bonheur !)
    Afin de rendre ce cadeau tout à fait exceptionnel, il avait demandé à Neil Armstrong s’il pouvait prendre cette pierre gemme dans son kit personnel (Astronaut Personal Kit). Ce qui fut fait !
    Ainsi Guenter Wendt put offrir à sa femme une opale ayant fait le voyage de la Terre à la Lune, qui plus est, à bord d’Apollo 11, la toute première mission de l’Histoire ayant permis à des Hommes de se poser et de marcher sur un autre astre que notre Terre !
     
    En 1973, Herma Wendt apprit qu’elle avait un cancer et qu’il ne lui restait plus qu’une année à vivre… Des médecins de la NASA ayant entendu parler d'un traitement expérimental qui stoppe la migration des cellules malignes firent en sorte qu'elle puisse en bénéficier, le traitement permit une spectaculaire rémission, c’est Guenter Wendt qui chaque jour lui faisait sa piqûre… mais le cancer finit par l’emporter... en 1993 !
    February 03

    Mon nom est Buckley, Charles Buckley !

     
    Les astronautes avaient donné à Charlie Buckley, le responsable de la sécurité du Centre Spatial Kennedy, le sobriquet de « Superflic », ou plus malicieusement de « Rent-a-cop » (c’est le nom donné aux vigiles en uniforme, non armés, qui en cas de gros problème ne servent pas à grand-chose !).
    Le plus grand challenge de sa carrière fut bien évidemment la gestion de la sécurité du centre spatial lors du lancement d’Apollo 11. Plus d’un million de personnes s’étaient massés autour de Cap Canaveral, environ 3600 journalistes étaient présents, des chefs d’états et autres dignitaires, des célébrités, sans compter des manifestants pour la cause des pauvres et laissés pour compte, ulcérés par tout cet argent gaspillé, et des gens sans accréditation bien décidés à s’incruster.
     
    Après ces jours de folie, la situation ayant été gérée de main de maître, les astronautes et ses collègues de la sécurité décidèrent de lui faire un petit cadeau ! Ils réussirent à lui obtenir une pièce d’identité unique. Comme le très populaire Agent Secret britannique James Bond, « Superflic » Buckley devint la seule et unique personne au service du gouvernement fédéral à avoir une carte d’identité officielle portant le numéro... 007 !
    September 29

    Charles Stark Draper - La Lune grâce à l'informatique...

     
    Lorsque James Webb a demandé à Charles Stark Draper, directeur du département Aeronautics and Astronautics, au MIT (Massachusetts Institute of Technology, une, sinon la meilleure université scientifique du monde, à ce jour 63 professeurs ou élèves du MIT ont reçu un Prix Nobel ), et fondateur du célébrissime « I-Lab » (Instrumentation Laboratory), dont les sobriquets étaient « Doc » ou « Mr. Gyro », s’il pensait pouvoir développer un système de guidage et de navigation fiable pour envoyer un vaisseau spatial vers la Lune et le ramener sur Terre, (La précision requise équivaut à lancer une balle de golf avec suffisamment de précision pour qu’elle percute un obus tiré par un canon, un obus qui par ailleurs suit une trajectoire à travers un champ gravitationnel variable) il répondit : « Bien sûr que oui, si vous voulez je m’en occupe… »
    La NASA choisit donc le MIT comme contractant principal pour le développement du système de guidage et de navigation d’Apollo… Draper s’entoura du Dr David Hoag qu’il nomma Directeur du bureau « Apollo Guidance and Navigation », du Dr Richard H. Battin , responsable du « Mission Development » et de programmeurs d’exception, tels que Dan Lickly et Alex Kosmala.
    L’équipe de Battin avait la responsabilité de faire voler « électroniquement » chaque mission Apollo. Plusieurs mois avant le lancement, elle devait fournir au centre de contrôle de Houston et du Cap une simulation complète de chaque étape du vol afin que les astronautes et les contrôleurs de vol puissent s’entrainer. Chaque mission Apollo nécessite un programme spécifique, du sur mesure. Alex Kosmala se rappelle qu’il a fallu 15 mois, au lieu des six prévus, pour terminer le programme informatique de la première mission Apollo.
     
    Les ordinateurs « portables » du Module de Commande et du LM sont fabriqués par la société Raytheon et les puissants ordinateurs au sol, par IBM (International Business Machines)
     
    September 26

    Mike Vucelic - "Papa, les rails sont posés !"

     
    Milojko « Mike » Vucelic est un ingénieur d’origine Serbe, Directeur du « Apollo Systems Engineering », dont les parents ont émigrés aux Etats-Unis. Son père avait construit des voies ferrées et des tunnels en Yougoslavie… Un jour, ce dernier va rendre visite à son fils, à Downey dans les locaux de la Division Espace de la société North American où le module de commande pour la mission Apollo 8 subit ses derniers préparatifs. Il est très impressionné lorsque son fils lui explique que c’est ce vaisseau spatial qui va emmener trois hommes autour de la Lune, il reste néanmoins dubitatif sur le succès de la mission : « C’est une belle locomotive, mais où sont les rails ? »
    Quelques mois plus tard… Après un interminable silence, Frank Borman annonce : "Le Père Noël existe "  ("There is a Santa Claus" - Cf Anecdote Apollo du 18 février 2007)
    Apollo 8 est sur le chemin du retour, après dix orbites autour de la Lune. Aussitôt Mike Vucelic envoie un télégramme à son père : « Papa, les rails sont posés ».
     
    Mike Vucelic a reçu la 'Freedom Award" des mains du Président Johnson.
    August 05

    Ernst Steinhoff - Une drôle de revue scientifique !

     
    Le Dr Ernst Steinhoff, directeur du Laboratoire des Sciences Spatiales du Centre Spatial Marshall, a longtemps laissé sur la table d’un bureau qui faisait office de salle d’attente, un seul et unique magazine, à la couverture scientifique assez austère. Chaque fois qu’un visiteur, lassé d’attendre, se décidait  enfin à feuilleter la revue, il y découvrait uniquement des pin-up légèrement vêtues.
    July 15

    John Aaron - Les années magiques Apollo...

     
    Pourrons-nous retrouver un jour les années magiques Apollo ? Voici ce qu’en dit le génial John Aaron, qui fut Apollo EECOM : « Je discute avec des gens qui me disent, c’est quand même pas compliqué, tout ce que nous devons faire c’est penser comme il y a 30 ans, ce faisant,  nous pourrons facilement envoyer un homme sur Mars !  Je dis non, ce n’est pas possible. C’est un extraordinaire concours de circonstances qui a disposé les dominos comme ils l’ont été. Avec l’audace qui caractérise les années soixante, le Président Kennedy a pu dire, « Je crois que cette nation devrait se mobiliser… pour envoyer un homme sur la lune. » Aujourd’hui, le Président Bush devrait dire : « Je crois que cette nation devrait considérer, après en avoir débattu avec le Congrès, la possibilité de créer une commission dont la tâche serait de définir un but au programme spatial, cet objectif pourrait être une mission habitée vers Mars. »
    April 01

    John Aaron - Apollo 1

     
    Pour le C.D.D.T (CountDown Demonstration Test) de la capsule 012 (en l’honneur des astronautes ce test tragique, ce vol qui n’a jamais eu lieu, AS-204 sera appelé Apollo 1, une idée de Betty Grissom…) il se trouve que c’est John Aaron qui faisait office de EECOM (Electrical, Environmental and COMmunication officer) à Houston. Il sait immédiatement que quelque chose d’effroyable s’est produit…
    John Aaron n’était pas censé se trouver à la console EECOM ce soir là, c’est son collègue Rod Loe qui aurait du être là,  mais c’était son anniversaire de mariage et sa femme avait organisé une petite fête à la maison, ils ont donc interverti leur rotation… C’est lui qui a vu sur son écran la pression au sein de la capsule monter vertigineusement puis les données disparaître, plus de télémétrie !
    John Aaron qui sera si déterminant lors des missions Apollo 12 et 13 a été tellement bouleversé que Rod Loe à du venir le chercher et le ramener chez lui.
    March 11

    Christopher Kraft - "Flight" c'est Dieu !

     
    Le directeur de vol (Flight Director), dont le sobriquet pendant les communications avec les contrôleurs de vol est “Flight” est le seul responsable de la mission, et le seul à prendre les décisions finales. Chritopher Kraft, était l’unique directeur de vol pendant Mercury et le chef des directeurs de vol sur la plupart des vols Gemini. Voilà comment il décrit sa fonction : « Il y a seulement un directeur de vol. Du lancement jusqu’au moment où l’équipage est en sécurité sur le bâtiment de récupération, je suis responsable… Personne ne peut aller à l’encontre de mes décisions, ni mon supérieur direct, le directeur de la mission, ni son supérieur, un homme que je respecte, le phare qui guide le programme spatial américain, Bob Gilruth. Ni même le président des Etats-Unis… Ils peuvent me virer après coup, mais pendant la mission je suis « Flight ».
    Et « Flight » c’est Dieu ! »
    February 27

    Joe Schmitt - Un petit test !

     
    Alors que Joe Schmitt effectue un test de pressurisation sur la combinaison de vol de Wally Schirra (Mercury -  Sigma 7), il décide de « monter » bien au-delà de la pression maximale recommandée par le fabricant, lorsque cette dernière atteint la valeur de 5 PSI (soit 0,352 Kg/cm2 ou 345 hectopascals) la combinaison explose en faisant le même bruit que la détonation d’un pistolet. La combinaison fut renvoyée à B. F. Goodrich qui la remplaça sans problème.
    February 23

    Une voiture très économique !

     
    Un collaborateur de Guenter Wendt avait acheté une voiture, il avait choisi un modèle pour sa faible consommation...
    Afin qu'il ne soit pas déçu, ses collègues de travail lui rajoutaient régulièrement de l'essence.
    Il était aux anges, il n'avait jamais vu une voiture consommer aussi peu, et s'en vantait partout !
    Après une petite visite au garage, ses collègues en profitèrent pour faire exactement le contraire, en siphonnant quelques litres chaque fois...
    Quand il s'aperçoit que sa voiture consomme deux fois plus qu'avant, il va voir le garagiste pour lui demander ce qu'il a bien pu modifier sur sa voiture... Bien évidemment, ce dernier ne comprend pas !

    Finalement, Guenter Wendt lui avoua cette petite blague dont il était l’instigateur.
    February 22

    Une petite frayeur !

     
    Au temps du programme Mercury, les simulations étaient assez primitives comparées à ce qu’elles deviendront par la suite. Sur la console de Christopher Kraft, le directeur des contrôleurs de vol,  il y avait toujours un moniteur relié à une des caméras du pas de tir, il pouvait donc voir en direct une Redstone ou une Atlas … (A l’époque le "contrôle" des missions se faisait au Cap Canaveral). Avant une simulation, John Hatcher, un contrôleur de vol, a trouvé le moyen de relier le moniteur à un magnétoscope dans lequel il y avait le film d’un décollage et dont il avait "calé" la bande à T-0 , le magnéto devait se mettre en route au moment où Kraft démarre l’horloge du début de la mission..
    Le jour venu, la simulation commence, Kraft enclenche donc le "chrono" lorsqu’à sa grande stupéfaction, il voit la fusée décoller, il se retourne vers Gene Kranz qui était dans la confidence et s’écria « Regarde ça ! » Kraft était livide et il s’écria à nouveau « Tu as vu ça ? »
    Tous ceux qui ont vu la tête de Kraft, pensant qu’il avait accidentellement provoqué le décollage de la fusée ne l’oublieront jamais !