Olivier's profileAnecdotes de la Conquête...PhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    September 28

    Au temps pour le New York Times !

     

    Le 3 janvier 1920, un éditorial pour le moins incongru parait dans le New York Times [« Topic of the Times »]. Il s’agit d’un pamphlet très critique à l’encontre du travail révolutionnaire de Robert Goddard et de son célèbre traité intitulé « A Method of Reaching Extreme Altitudes ».

     

    « … Après qu’une fusée ait quitté notre atmosphère et entame véritablement son long voyage (vers la Lune), son vol ne sera ni accéléré, ni maintenu (contrairement aux travaux de Robert Goddard sur les fusées à propulsion solide) par l’éjection des gaz …

    Affirmer cela, serait en parfaite contradiction avec une loi fondamentale de la dynamique... Le professeur Goddard, qui occupe une chaire à l’Université Clark et qui est membre de la « Smithsonian Institution », ne connaît pas la relation entre action et réaction et la nécessité d’avoir quelque chose de plus consistant que du vide contre lequel s'appuyer. Il semble ignorer les connaissances de base enseignées quotidiennement dans les lycées.

    …Jules Vernes, qui avait également quelques connaissances scientifiques, a fait la même erreur que le professeur Goddard…

    C’est un des rares dérapages scientifiques de Vernes, pardonnable pour un romancier mais inexcusable pour un savant qui n’écrit pas un roman d’aventure… » 

     

     

    49 ans plus tard, le 17 juillet 1969, alors que les astronautes d’Apollo 11 sont en route vers la Lune, le New York Times publie enfin un rectificatif :

     

    « Une mise au point. Le 13 janvier 1920 la page éditoriale du New York Times a rejeté le fait qu’une fusée pouvait fonctionner dans le vide et à fait les commentaires suivants sur les idées du pionnier des fusées Robert Goddard :

    Le professeur Goddard, qui occupe une chaire à l’Université Clark et qui est membre de la « Smithsonian Institution », ne connaît pas la relation entre action et réaction et la nécessité d’avoir quelque chose de plus consistant que du vide contre lequel s'appuyer. Il semble ignorer les connaissances de base enseignées quotidiennement dans les lycées."

    Des études plus poussées et des expériences ont confirmé les découvertes de Isaac Newton au XVIIème siècle [ NdT : "A chaque action correspond une réaction équivalente et de sens contraire"].et il est désormais définitivement avéré qu’une fusée fonctionne aussi bien dans le vide qu’en présence d’atmosphère. Le Times regrette cette erreur. »

     

    Ce laconique rectificatif est tout à l’honneur du journal mais demeure tout de même un peu ambiguë, il laisse en effet supposer que le fait qu’une fusée puisse fonctionner dans le vide a été définitivement établi longtemps après l’attaque du Times contre Goddard. Qui plus est, dans ce mea culpa quelque peu tardif, à aucun moment le Times ne demande pardon pour le mal que le journal a pu faire à Robert Goddard, en remettant en question, rien moins que son intégrité et son professionnalisme. L'intégralité du texte dénigrant Goddard n'est même pas retranscrit !

     

    Après la publication de l'article, Goddard est resté encore plus reclus et secret sur ses travaux, évitant toute publicité et tout contact avec les médias !

     

    Le New York Times a t-il atteint le comble du ridicule en publiant cet éditorial en 1920 ?

    Eh bien pas tant que ça, en effet, ce n’est qu’au XXème siècle que les principes fondamentaux de la propulsion des moteurs fusée dans le vide sont compris, jusqu’alors on pensait qu’il fallait de l’air contre lequel « s'appuyer »…

    Ainsi par exemple le mathématicien britannique William Moore affirme en 1813 dans son « Treatise on the Motion of Rockets” qu’une fusée se déplacera plus rapidement dans l’air que dans le vide, en 1883, un manuel d’artillerie pour les cadets de l’académie militaire de West Point affirme la même chose. L’immense Konstantin Tsiolkovski lui-même, en 1913,  s’interroge sur le degré d’efficacité du moteur fusée dans l’air ambiant et dans le vide. Il émet plusieurs hypothèses dont la bonne : c’est dans le vide qu’une fusée opère dans les meilleures conditions ! Mais sans en être tout à fait certain !

    September 27

    De la responsabilité morale du scientifique...

     

    L'Homme est un "homo ludens" mais surtout et avant tout un "homo faber", voici deux citations de Wernher von Braun concernant la responsabilité morale du "savant"...

     

    « Il est tout simplement injuste de nous rendre responsables, nous, ingénieurs et scientifiques, des cruautés des guerres modernes. Les ingénieurs travaillant sur les fusées sont exposés au même inéluctable dilemne que Michel-Ange lorsqu’en période de guerre il fut contraint d’arrêter son travail à la Basilique St Pierre pour se consacrer à la réalisation de forteresses.

    Il s’agit du même cas de conscience auquel est confronté le concepteur d’avions lorsque son travail est utilisé comme bombardier pour semer la mort et la destruction.

    Et c’est exactement le même conflit moral auquel est soumis le physicien nucléaire du XXème siècle qui connaît le potentiel énergétique formidable des réactions en chaîne contrôlées dans un réacteur nucléaire, mais qui sait également qu’une petite modification dans cette réaction en chaine permet de libérer le pouvoir destructeur de la bombe atomique. »

     

     

    « Est-ce qu’Einstein, lorsqu‘il a  écrit sa célèbre équation sur la relation entre la matière et l’énergie aurait dû poser son crayon d’une main tremblante, car il a eu la vision d’avoir libéré des quantités phénoménales d’énergie atomique ? Devrions-nous arrêter la conquête de l’espace juste parce que les avions et les fusées peuvent être utilisés à des fins militaires ? »

     
    September 21

    Une réponse qui vaut de l'or !

     

    Un chimiste de Peenemünde avait commandé des poids de laboratoire plaqués or. Lorsque son supérieur lui demande  : "Pourquoi diable doivent-ils être plaqués or ?", ce dernier répond le plus sérieusement du monde : « Des poids en or massif seraient beaucoup trop chers ! »

    September 20

    Une histoire de briques et de tempête !

     

    Le service comptable, du ministère du budget du IIIème Reich, qui s’occupait de Peenemünde envoie un jour un câble au centre de recherche pour savoir pourquoi leur comptabilité ne fait pas état d’une livraison d’un million de briques de construction. Incapable de localiser les fameuses briques manquantes le centre renvoya un télégramme précisant qu’elles avaient été détruites lors d’une récente tempête. Quelques jours plus tard, ils reçurent ce message : « Erreur comptable corrigée. Briques jamais envoyées. Tempête superflue».

    Cet incident restera dans les annales et fera l’objet de nombreuses blagues. Chaque fois que quelque chose sera perdu on l’attribuera au passage d’une tempête... Même des années plus tard !

    Rubrique nécrologique et point d'impact des V2

     

    L’OKW (Ober Kommando der Werhrmacht – Commandement Suprême des Forces Armées) employait une méthode bien singulière pour se renseigner sur l’effet des V2 à Londres. Une reconnaissance aérienne étant en effet trop risquée, chaque jour, une cellule spéciale étudie minutieusement les faire-part de décès des journaux londoniens, elle peut ainsi par recoupement, lorsque plusieurs défunts ont la même adresse, localiser les points d’impact sur un plan de la ville.

    Les services secrets britanniques éventent rapidement le stratagème et il sera désormais interdit d’indiquer les adresses sur les faire-part de décès !

    September 19

    "Pete" Conrad - Un dernier hommage de la famille King.

     

    L’astronaute Charles « Pete » Conrad, le troisième Homme sur la Lune, a été inhumé le 19 juillet 1999 au Cimetière National d’Arlington. A la fin de la cérémonie, une formation de F-14 Tomcat a survolé le cortège pour réaliser la figure dite du pilote disparu*. L’un des F-14 était piloté par Chip King, le fils ainé de John W. « Jack » King, le chef des relations publiques du Centre Spatial Kennedy de 1960 à 1971, surnommé la voix du « Apollo/ Saturn Launch Control » lors de la mission Apollo 11. C’est lui qui égrenait les étapes du compte à rebours !

    C'est bien sûr lui, qui a couvert les missions Gemini V et Apollo XII !

     

    Lorsqu'ils habitaient dans la même rue, au début du programme spatial, les enfants de Pete Conrad et de Jack King jouaient ensemble !

     

     

    * Survol d'avions militaires pour rendre hommage à un pilote décédé. Les avions volent en formation, puis au-dessus du site en question l'appareil à la droite du leader quitte la formation, pour symboliser le fait qu'il manque un pilote.

     

    missingman.jpg

     

    Une extraordinaire photo de Sean Collins montrant 4 T-38 éxécutant la "missing man formation" au dessus

    du "Shuttle Columbia Memorial" au Cimetière National d'Arlington.

     

    September 17

    John F. Kennedy - "Nous choisissons d'aller sur la Lune..." (Traduction intégrale du discours)

     

    Le 12 septembre 1962, à 10:00 du matin, le Président américain John Fitzgerald Kennedy prononce ce discours extraordinaire…mythique… de 18 minutes, consacré à "l'effort national dans le domaine spatial", devant plus de 45 000 personnes, dans la chaleur étouffante du stade de l'Université Rice près de Houston au Texas.

    Houston, où se trouve le Centre des Vols Spatiaux Habités (qui a pris le nom de Lyndon B. Johnson Space Center en 1973 à la mort de l’ancien Président… et Vice-président de John Kennedy) et son célébrissime Centre de Contrôle des Missions.

    Discours d'autant plus émouvant que 436 jours plus tard, John Kennedy sera assassiné à quelques centaines de kilomètres de là, dans ce même état du Texas, et qu'il ne verra pas s'accomplir l'un des plus vieux rêves de l'humanité…   

     

                                                               

     Mission accomplie Monsieur le Président !

     

    Voici une traduction intégrale de ce discours, effectuée par votre serviteur !

     

    Président Pitzer, monsieur le vice-président, gouverneur Daniel, membre du congrès Thomas, sénateur Wiley, membre du congrès Miller, monsieur Webb, monsieur Bell, messieurs les scientifiques, distingués invités, mesdames et messieurs :

    [ NdT : Dr. Kenneth S. Pitzer, Président de l’Université Rice; Lyndon B. Johnson, Vice-président des Etats-Unis; Price Daniel, Gouverneur du Texas ; Albert Thomas Membre de la Chambre des Représentants (Texas) ; Alexander Wiley, Sénateur du Wisconsin ; George P. Miller Membre de la Chambre des Représentants (Californie) ; James E. Webb, Administrateur de la NASA (National Aeronautics and Space Administration) ; David E. Bell, Directeur du Bureau du Budget]



    Je remercie chaleureusement votre président d’avoir fait de moi un professeur visiteur honoraire, et je vous assure que mon premier cours sera très bref.

    Je suis ravi d’être ici, et tout particulièrement en cette occasion.

    Nous sommes réunis dans une faculté réputée pour son haut niveau de connaissance, dans une ville connue pour son progrès, dans un état reconnu pour sa puissance, et il se trouve justement que nous avons besoin de ces trois qualités, nous nous trouvons en effet à un moment où nous sommes confrontés à des changements et des défis, dans une une décennie porteuse d’espoir mais également de peur, dans une période où se mêle connaissance et ignorance. Plus nos connaissances s’accroissent, plus notre ignorance apparait au grand jour.

    Malgré le fait frappant que la plupart des plus grands scientifiques que le monde ait connu soient vivants et actuellement en exercice, bien que la population scientifique active de cette nation double tous les 12 ans et affiche un taux de croissance trois fois supérieur à celui de l’ensemble de notre population , en dépit de tout cela, la vaste étendue de l’inconnu, des questions sans réponse, et de l’inachevé, continuent de surpasser très largement notre compréhension collective.

    Nul ne peut vraiment appréhender le chemin que nous avons parcouru et à quelle vitesse, sauf,  si vous le voulez bien, l'on condense les 50 000 ans de l’histoire humaine connue, sur une période de seulement un demi-siècle. Ce faisant, nous en savons très peu sur les 40 premières années, si ce n’est qu’a la fin de ce laps de temps les plus avancés des Hommes ont appris à se servir de peaux d’animaux pour se vêtir. Puis, il y a environ 10 ans, toujours à cette échelle, l’Homme quitte ses grottes pour se construire d’autres abris. Il n’y a que cinq ans que l’homme a appris à écrire et à utiliser la roue. Cela ne fait que deux ans que le Christianisme est né. L’imprimerie n’est apparue que cette année, et cela ne fait que deux mois, sur ce condensé d’histoire humaine ramené à 50 ans, que la machine à vapeur à permis de fournir une nouvelle source d’énergie, que Newton étudie la gravité. Le mois dernier apparaissent la lumière électrique, le téléphone, l’automobile et l’avion. Ce n’est que la semaine dernière que nous avons inventé la pénicilline, la télévision et l’énergie nucléaire, et aujourd’hui, si le nouveau vaisseau spatial américain arrive sur Vénus, nous aurons littéralement atteint les étoiles avant ce soir minuit.

    Nous avons parcouru ce chemin à une vitesse à couper le souffle, à ce rythme on ne peut éviter l’apparition de nouveaux maux, même si on en a fait disparaitre d’anciens, de nouvelles ignorances, de nouveaux problèmes, de nouveaux dangers. Assurément, les nouvelles perspectives spatiales nous réservent des coûts élevés et de nombreuses épreuves, mais également d’immenses récompenses.

    Il n’est donc pas surprenant que certains préféreraient nous voir rester là où nous sommes, un peu plus longtemps, à attendre, à rester au même point. Mais cette ville de Houston, cet état du Texas, ce pays des Etats-Unis ne furent pas construits par des couards, des fainéants, des gens qui regardent vers le passé. Ce pays a été conquis par ceux qui allaient de l’avant et il en sera de même pour l’espace.

    William Bradford, s’exprimant en 1630 sur la fondation de la colonie de la baie de Plymouth, disait que toutes les grandes et honorables actions s’accompagnent de grandes difficultés, et que les deux doivent être entreprises et surmontées avec courage et responsabilité.

    Si cette histoire condensée de notre évolution nous apprend quelque chose, c’est que l’homme, dans sa quête de connaissance et de progrès, est déterminé et rien ne peut l’empêcher d'avancer. L’exploration de l’espace se fera, que nous nous y joignions ou non, c’est une des plus grandes aventures de tous les temps, et aucune nation ayant la prétention d’être un exemple pour les autres ne peut envisager de rester à la traîne dans la course à l’espace.

    Ceux qui nous ont précédé on fait en sorte que ce pays soit sur les premières vagues de la révolution industrielle, les premières vagues des inventions modernes et la première vague de l’énergie nucléaire, et cette génération n’a pas l’intention de sombrer dans les remous de l’ère spatiale naissante. Nous avons l’intention d’y prendre part et nous comptons bien être les premiers. Car les yeux du monde sont dorénavant tournés vers l’espace, vers la Lune et les planètes au-delà, et nous avons fait le serment de ne pas voir cet espace sous le joug d’un étendard hostile et expansionniste mais sous la bannière de la liberté et de la paix.

    Nous avons fait le serment de ne pas voir l’espace envahi par des armes de destruction massive, mais par des instruments de connaissance et de découverte.

    Cependant les promesses de cette nation ne pourront être tenues qu'à l'impérieuse condition que nous soyons les premiers et c’est bien notre intention. En résumé, notre suprématie dans le domaine scientifique et industriel, nos espoirs de paix et de sécurité, nos obligations envers nous-mêmes et envers les autres, tout cela exige de nous cet effort, afin de percer ces mystères, de les résoudre pour le bien tous les hommes, et de devenir la première nation parmi celles qui se sont engagées dans l’espace.

    Nous embarquons pour explorer ce nouvel océan car il y a de nouvelles connaissances à acquérir, de nouveaux droits à conquérir, et ils doivent êtres conquis et utilisés pour le progrès de tous les peuples. Car la science spatiale, comme la science nucléaire et toutes les technologies, n’a pas de conscience intrinsèque. Qu’elle devienne une force bénéfique ou maléfique dépend de l’homme, et c’est seulement si les Etats-Unis occupent une position prééminente qu’il nous sera possible de décider si ce nouvel océan sera un havre de paix ou un terrifiant nouveau théâtre de guerre. Je ne dis pas que nous ne devons pas nous protéger contre une utilisation belliqueuse de l’espace, de même que nous devons nous préparer contre d’éventuelles actions hostiles sur terre ou sur la mer, mais je dis que l’espace peut être exploré et exploité sans attiser les feux de la guerre, sans répéter les erreurs que l’homme a commis en étendant son emprise sur ce globe qui est le notre.

    Pour l’instant il n’y a ni différend, ni querelle, ni conflit national dans l’espace. Les dangers inhérents à l'espace constituent une menace pour tout le monde. La conquête de l’espace mérite le meilleur de toute l’humanité, et les opportunités de coopérations pacifiques pourraient bien ne jamais se représenter. Mais, pourquoi la Lune diront certains ? Pourquoi en faire notre objectif ? On pourrait tout aussi bien demander : pourquoi gravir la plus haute montagne ? Pourquoi, il y a trente-cinq ans, traverser l’Atlantique ? Pourquoi Rice continue de jouer contre Texas ? (NdT : Pourquoi l’Université Rice continue de jouer au football américain contre l’Université du Texas ? L’équipe de l’université du Texas était tellement supérieure à celle de Rice que le résultat des matchs était couru d’avance – clin d’œil du Président)

    Nous choisissons d’aller sur la Lune. (NdT : Des applaudissements interrompent le discours - le public réagit à la remarque Rice contre Texas ) Nous choisissons d’aller sur la lune… Nous choisissons d’aller sur la Lune au cours de cette décennie, et d’accomplir d’autres choses encore, non pas parce que c’est facile, mais justement parce que c’est difficile, car ce but servira à organiser et à donner le meilleur de nos énergies et de nos savoir faire, parce que c’est le défi que nous sommes prêt à relever, celui que nous refusons de remettre à plus tard, celui que nous avons la ferme intention de gagner, et les autres également. (Applaudissements)

    C’est pour ces raisons que je considère la décision prise l’an dernier de faire passer nos efforts dans le domaine spatial à la vitesse supérieure comme l’une des plus importantes de mon mandat présidentiel.

    Au cours des dernières 24 heures, nous avons visité les installations en cours de construction, pour la plus grande et plus complexe exploration de l’histoire de l’Homme. Nous avons senti le sol trembler, l’air vibrer, lors du test des moteurs d’une fusée Saturne C-1, dont la puissance est plusieurs fois supérieure à celle de l’Atlas qui a lancé John Glenn, qui développe une puissance équivalente à 10 000 automobiles dont les conducteurs auraient l’accélérateur au plancher. Nous avons visité le lieu où cinq moteurs F-1, chacun aussi puissant que les huit moteurs de la Saturne combinés, seront montés ensemble pour propulser la nouvelle fusée Saturne, qui sera assemblée dans un bâtiment en cours de construction au Cap Canaveral, aussi haut qu’un immeuble de 48 étages, aussi large qu’un quartier urbain, et aussi long que deux longueurs de ce stade.

    Lors des derniers 19 mois, pas moins de 45 satellites ont été envoyés autour de la Terre. Près de 40 d’entre eux ont été fabriqués aux Etats-Unis d’Amérique et sont bien plus sophistiqués et ont permis d’acquérir bien plus de connaissances pour les peuples du monde, que ceux de l’Union Soviétique.

    Le vaisseau spatial Mariner… (Applaudissements)… actuellement en route vers Venus est le plus sophistiqué des outils scientifiques de l’histoire de l’espace. La précision de sa trajectoire est telle, qu’à titre de comparaison, cela reviendrait à faire tomber un missile tiré de Cap Canaveral exactement sur la ligne des quarante mètres de ce stade.

    Les satellites de navigation aident nos navires à se mouvoir avec précision et en toute sécurité. Les satellites Tiros nous permettent de prévoir les passages d’ouragans et de tempêtes, il en ira de même avec les feux de forêt et les icebergs.

    Nous avons subi des échecs, mais les autres aussi, même s’ils refusent de l’admettre et qu’ils ne les rendent pas public.

    Il est certain… (Applaudissements) Il est certain que nous sommes derrière, et nous serons à la traîne quelques temps encore pour ce qui concerne les vols habités. Mais nous n’avons pas l’intention de rester derrière, et au cours de cette décennie, nous allons rattraper notre retard et prendre la tête. (Applaudissements)

    Le développement de notre science et de notre éducation seront enrichis par les nouvelles connaissances de notre univers et de notre environnement, par les nouvelles techniques d’étude, d’exploration et d’observation, par les nouveaux outils et ordinateurs, pour l’industrie, la médecine, la maison aussi bien que l’école. Les institutions à vocation technologique, telles que Rice, en récolteront tous les bénéfices.

    Et pour finir, l’effort spatial en lui-même, pourtant encore à ses débuts, a déjà permis la création d’un grand nombre de nouvelles entreprises, et de dizaines de milliers de nouveaux emplois. L’aérospatiale et les industries afférentes génèrent de nouveaux besoins en terme d’investissements et de personnels qualifiés, et cette ville, cet état, cette région, apporteront une large contribution à cette croissance. Ce qui était, il y a peu encore, l’avant-poste le plus éloigné de la vieille frontière de l’Ouest sera à l’avant-garde de la nouvelle frontière de la science et de l’espace. Houston… (Applaudissements)… votre ville de Houston, avec son centre des vols spatiaux habités, deviendra le centre d’une grande communauté de scientifiques et d’ingénieurs. D’ici les 5 prochaines années, l’Administration Nationale de l’Aéronautique et de l’Espace prévoit de doubler le nombre de scientifiques et d’ingénieurs dans ce secteur, d'augmenter sa masse salariale et ses autres dépenses de 60 millions de dollars tous les ans ; d'investir environ 200 millions de dollars dans la construction d’infrastructures et de laboratoires ; et ce centre va consacrer plus d’un milliards en contrats divers au profit de cette ville, dans le cadre de nouveaux efforts spatiaux.
    Il est certain que tout cela coûte très cher. Le budget spatial de cette année est trois fois supérieur à ce qu’il était en janvier 1961, et est supérieur aux budgets spatiaux combinés des huit dernières années. Ce budget est aujourd’hui de 5 milliards 400 millions de dollars par an, une somme exorbitante mais qui reste tout de même inférieure à nos dépenses annuelles en cigarettes et cigares. (Applaudissements)

    Les dépenses spatiales augmenteront bientôt encore un peu, passant de 40 cents par personne et par semaine, à plus de 50 cents par semaine pour chaque homme, femme et enfant aux Etats-Unis, car nous avons donné à ce programme une haute priorité nationale, même si j’ai bien conscience qu’il s’agit dans une certaine mesure d’un acte de foi, d’une prospective dont nous ne savons pas quels bénéfices nous allons tirer. Mais si je vous dis, mes chers concitoyens, que nous allons envoyer sur la Lune, à plus de 300 000 kilomètres du centre de contrôle de Houston, une fusée géante de plus de 100 mètres de haut, la longueur de ce terrain de football, fabriquée avec de nouveaux alliages, dont certains n’ont pas encore été inventés, capables de supporter une chaleur et une pression plusieurs fois supérieures à ce qui a jamais été expérimenté, assemblée avec une précision supérieure à celle des meilleures montres, incorporant tous les équipements nécessaires à la propulsion, au guidage, au contrôle, aux communications, à l’alimentation et à la survie, pour accomplir une mission encore jamais tentée, vers un corps céleste inconnu, puis nous la ferons revenir sur la Terre, ou elle fera une rentrée dans l’atmosphère à une vitesse proche de 40 000 km/h, générant une température atteignant la moitié de celle qui règne à la surface du Soleil, - presque aussi chaude qu’aujourd’hui – (rires et applaudissements),  Nous sommes déterminés à le faire, le faire bien, et le faire les premiers avant la fin de cette décennie, mais pour cela nous devons faire preuve d’audace. (applaudissements)

    - C’est moi qui fait tout le travail, je vous demande juste de garder votre sang froid encore une minute - (le Président emploie cool, petit clin d'œil à la chaleur)

    Néanmoins, je pense que nous y arriverons, mais nous devrons payer ce qui devra être payé. Il n’est pas question de gaspiller de l’argent, mais je pense que nous devons réaliser cette entreprise. Et cela sera accompli dans les années soixante. Cela sera peut-être réalisé alors que certains d’entre vous seront encore ici à faire leurs études dans cette université ou durant les mandats électoraux de certaines des personnes qui sont assises ici sur cette estrade. Quoi qu’il en soit ce sera fait, et avant la fin de la décennie.

    Je suis ravi que cette université soit impliquée dans ce projet d'envoyer un homme sur la Lune, dans le cadre de ce gigantesque effort national entrepris par les Etats-Unis d’Amérique.

    Il y a quelques années, on a demandé au grand explorateur britannique George Mallory, qui a trouvé la mort sur le Mont Everest, pourquoi il voulait gravir cette montagne. Il a répondu : « Parce qu’elle est là !».

    Eh bien, l’espace est là, et nous allons y aller, et les étoiles et les planètes sont là également, porteurs de nouveaux espoirs, de nouvelles connaissances, et la paix se trouve là également. C’est pourquoi, avant de nous embarquer, pour cette aventure, la plus incertaine et la plus dangereuse des grandes aventures dans laquelle l’homme ne s’est jamais engagé, nous demandons la bénédiction de Dieu !


    Merci.

    September 16

    Von Braun et Korolev utilisaient la même règle à calcul !

     

    Les deux grandes figures de la conquête spatiale, Wernher Von Braun et Sergueï Koroliov avaient pas mal de points communs, l’un des plus amusants est qu’ils utilisaient tous les deux la même règle à calcul, à savoir, le modèle 23/R* de la société allemande Albert Nestler A.G.** (utilisée également par Albert Einstein).

     

    rglecalcul.jpg

     

     

     

    Von Braun en possédait deux qu’il utilisait à Peenemünde et qu’il a emmené avec lui aux Etats-Unis.

     

     

    wernersliderule1copy.jpg

     

     

    Les collaborateurs de Korolev affirmaient qu’il utilisait sa règle à calcul comme un magicien sa baguette.

     

     sergeipavlovichkorolev1.jpg

     

     

     

    * Utilisant le système Rietz

     

    **En 1939 la société Albert Nestler est le premier fabricant mondial de règles à calcul, elle exporte dans plus de soixante pays.

    September 15

    Sergueï Koroliov - Cet illustre inconnu !

     

    Au cours des trente dernières années de sa vie, Sergueï Koroliov a publié un seul et unique article sous son véritable nom, c'était le 17 septembre 1957, soit 17 jours avant le lancement de Spoutnik, à l’occasion d'un événement exceptionnel, la commémoration du 100 ème anniversaire de naissance de Konstantin Tsiolkovski *. (A l’origine le lancement de Spoutnik devait avoir lieu ce même jour…des problèmes techniques en décidèrent autrement)

    A 19:00, dans l'immense Salle des Colonnes de la Maison de l'Union à Moscou, Korolev prononce un panégyrique devant un parterre de dignitaires du parti et de scientifiques, dont une version expurgée a été publiée dans la Pravda le matin même. Le journal consacre un quart de ses pages au génial théoricien mort 22 ans auparavant. 

     

    Ayant ouvert l’ère spatiale avec Spoutnik, et après l’impact international, aussi extraordinaire qu’inattendu, provoqué par cet événement, la conquête de l’espace devient un enjeu primordial de la guerre froide, le nom de l’architecte du programme spatial soviétique, ne doit pas être divulgué, il devient un secret d’état. Désormais Korolev ne signera plus ses articles que sous le pseudonyme de Prof. K. Serge’ev.

     

    Pour brouiller les pistes, les soviétiques ont mis en avant le physicien Leonid Sedov, membre de l’académie des sciences, président de la Fédération Astronautique Internationale de 1959 à 1961, pour jouer le rôle du responsable du programme spatial soviétique !

     

    Pourtant, dans la presse occidentale, de temps à autre, des journalistes ont bien identifié Korolev comme étant celui que la presse soviétique appelle le « Constructeur Principal », notamment le correspondant du New York Times à Moscou, Théodore Shabad, dans l’édition du 12 novembre 1963.   

     

      

     

    pravdakoroliov.jpg

     

    Le seul et unique article de Korolev signé de son nom (Pravda - 17 septembre 1957)

    Il est présenté comme un membre correspondant de l'Académie des Sciences de l'URSS.

     

     

     

    * Konstantin Tsiolkovski est né le 17 septembre 1857 selon le calendrier grégorien et le 5 septembre d’après le calendrier julien utilisé en Russie jusqu’en 1918.

        

    Apollo 11 - Michael Collins : plus seul qu'Adam !

     

    Evoquant l’extrême solitude de Michael Collins, alors que Armstrong et Aldrin sont sur la Lune, le porte parole de la NASA, John E. "Jack" Riley, la "voix" de mission control, déclara avec grandiloquence: « Depuis Adam aucun humain n’a connu une solitude comparable à celle de Mike Collins durant ces quarante et une minutes de chaque révolution lunaire où il passe derrière la Lune sans personne à qui parler sauf son magnétophone à bord de Columbia. »

    September 14

    Sigma 7 - Histoire d'améliorer un peu l'ordinaire !

     

    Pour le premier vol spatial de Wally Schirra (Mercury Atlas 8 /  Sigma 7 - 3 octobre 1962), Gordon Cooper (la doublure de Schirra)  Jim Rathman et Guenther Wendt avaient imaginé une petite surprise qu'il découvrira dans l'espace, à l'heure du repas.

    Cooper avait en effet ajouté dans les rations de « boustifaille spatiale », une mini-bouteille de Scotch « Cutty Sark » (mini-bouteilles comme celles que l’on trouve dans les avions ou les minibars des chambres d’hôtel) et quelques cigarettes « Tarryton ».

    En guise de clin d'oeil, il avait par ailleurs accroché à la poignée de contrôle du système d’attitude un « ruban » Remove Before Flight . (il s’agit des « tags » que l’on trouve sur les avions de combat après leur maintenance "A retirer avant le décollage").

    Schirra a bien rigolé en découvrant ces articles de contrebande. Si au cours du vol il dégustera un tube de bœuf aux légumes et un tube de pêches, il ne touchera bien évidemment pas au Scotch ni aux cigarettes.

     

    Il attendra d’être sur le porte avion de récupération pour savourer ce breuvage.

    Bien qu'étant fumeur, il s’abstint d'en griller une... Déjà que les médecins furent surpris de trouver des traces d’alcool dans ses analyses de sang, ils l’auraient été encore plus s’il y avait eu de la nicotine !

    Jusqu’à sa mort, Schirra conservera précieusement les cigarettes, la bouteille vide et le "tag" !

    September 12

    Apollo 11 - Le plus grand voyage de tous les temps !

     

    "L’Amérique  va cette semaine engager son honneur national, 8 ans de travail et 24 milliards de sa fortune, pour démontrer au monde qu’elle peut encore réaliser un rêve. Elle va envoyer trois jeunes hommes pour une aventure humaine de dimension mythologique, tout en permettant à l’ensemble du monde civilisé de suivre l’événement - pour le meilleur ou pour le pire."

     

    — Rudy Abramson, 'Los Angeles Times,' 13 juillet 1969.

    Apollo 11 - Homo Astronauticus

     

    "L’envoi d’astronautes sur la surface de la Lune représente plus qu’une étape dans l’Histoire, c’est une étape dans l’évolution"

     

    — Editorial du 'New York Times', 20 juillet 1969.

     

    Leurs premiers mots en posant le pied sur la Lune...

     
    Apollo 11 - 21 juillet 1969
     

    1- Neil Armstrong : “C’est un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l’Humani(That's one small step for a man, one giant leap for mankind.)

    2- Buzz Aldrin : répondant à l'exclamation d'Armstrong : "Extraordinaire Hein ? Quelle vue splendide !" il répond : “Magnifique désolation”

     

    Apollo XII -  19 novembre 1969.

     

    3- Pete Conrad  : “Youpiii ! Purée, c’en était peut être un petit pour Neil, mais c’en est un grand pour moi” *  (Whoopee! Man, that may have been a small one for Neil, but it's a long one for me.)

     

    4- Alan Bean : “Le LM est magnifique vu de l’extérieur”

     

     

    Apollo 14 - 5 février 1971

     

    5- Alan Shepard : “Al est à la surface. Et ce fut un long chemin, mais nous y sommes” **  (Al is on the surface. And it's been a long way, but we're here.)

     

    6- Edgar Mitchell : Essayant de remonter sur l’échelle dont le premier échelon est à 90 cm de hauteur , “Je vérifie la remontée. Très facile à exécuter. Une petite impulsion et on y arrive”

     

     

    Apollo 15 - 31 juillet 1971

     

    7- David Scott : “Alors que je me tiens ici à Hadley, au beau milieu des merveilles de l’inconnu, je realise qu’il existe en fait une vérité fondamentale quant à notre nature : explorer est pour l’Homme une nécessité … Et ce que nous faisons ici, c’est l’exploration dans toute sa quintessence". (As I stand out here in the wonders of the unknown at Hadley, I sort of realize there's a fundamental truth to our nature, Man must explore . . . and this is exploration at its greatest.)

     

    8- James Irwin : “C’est magnifique ici !  Cela me rappelle Sun Valley”

     

     

    Apollo 16 - 21 avril 1972

     

    9- John Young  : “Vous voilàmystérieux et inconnus hauts plateaux de Descartes. Apollo 16 va changer votre image. Je suis plus que ravi qu’ils aient ramené ce vieux Frère Lapin ici, dans le carré de bruyère auquel il appartient” ***  (There you are, mysterious and unknown Descartes highland plains. Apollo 16 is gonna change your image. . . I'm sure glad they got ol' Brer Rabbit here, back in the briar patch where he belongs.)

     

    10- Charles Duke : “Génial… C’est super !”

     

     

    Apollo XVII - 11 décembre 1972

     

    11- Eugene Cernan  : “Alors que je pose le pied sur la surface, à Taurus-Litrov, je voudrais dédier ce premier pas de la mission Apollo 17 à tous ceux qui l’ont rendu possible”  (As I step off at the surface at Taurus-Littrow, I'd like to dedicate the first step of Apollo 17 to all those who made it possible.)

     

    12- Harrison Schmitt : S’adressant à Cernan, “Tu as atterri dans un cratère !”

     

     

    Il aurait été intéressant de savoir ce que James Lovell (Apollo XIII) avait prévu de dire... 

     

     

     

    * La journaliste italienne Oriana Fallaci ne voulant pas croire que les astronauts étaient libres de dire ce qu’ils voulaient, Pete Conrad paria 500 dollars avec elle qu’il prononcerait exactement cette phrase. C’est ce qu’il fit, mot pour mot... mais ne vit jamais la couleur de son argent ! 

     

    ** Shepard avait été interdit de vol en 1964 car il souffrait du syndrome de Ménière. Ce n’est que le 7 mai 1969, après une opération chirurgicale qu’il recouvre son habilitation au vol. (cf anecdote du 12 aout 2008 intitulée Alan Shepard et le Dr House http://anecdotes-spatiales.spaces.live.com/blog/cns!8F6B27099CA0FFDA!731.entry?&_c02_owner=1)  

    *** Old Brer Rabitt, (brer pour brother) est un personage créé par le journaliste écrivain Joel Chandler Harris. Il s'agit d'un malicieux lapin qui quitte son terrier pour trouver son coin de paradis. Au cours de ses pérégrinations il affronte de nombreux danger qu’il surmonte en utilisant la ruse. C’est ainsi qu’il berna Brer Fox (Frère Renard) pour qu’il le laisse rentrer chez lui et regagner son terrier du carré de bruyère (Briar Patch).

    John Young s’identifie à Frère Lapin, qui enfin, lors de son quatrième vol spatial et après quelques péripéties, est enfin là où il a toujours rêver d’être… sur la Lune !

     

    September 11

    Apollo 11 et... Pablo Picasso

     

    Lorsqu’un journaliste du New York Times demande à Pablo Picasso ce qu’il pense du premier atterrissage d' hommes sur la Lune, il répond : “Cela ne signifie rien pour moi. Je n’ai aucune opinion à ce sujet, je m’en fiche”.

    September 10

    Joseph Shklovsky - "5 milliards de bouteilles de Vodka pour atteindre la Lune"

     

    Le génial astrophysicien ukrainien Joseph Shklovsky avait calculé que la consommation annuelle de Vodka en URSS dans les années 1970 équivalait  à 5 milliards de bouteilles de 50cl. Si vous les posez côte à côte (une bouteille standard fait 8 cm de diamètre), vous obtenez une rangée, longue de 400 000 km. Ce qui représente la distance… de la Terre à la Lune !

    Comme il le disait lui-même :”De tous nos exploits dans l’espace, celui-ci est sans conteste le plus impressionnant”

    September 09

    Alan Shepard - Il a "tenu" le monde entre ses doigts !

     

    Un soir, alors qu’Alan Shepard dîne dans le restaurant de son ami Jay Fiondella*, ce dernier  lui  présente Julie Andrews, l’inoubliable Mary Poppins de Walt Disney, et son mari Blake Edwards, le réalisateur du film culte, la Panthère Rose.

    Lorsque Julie Andrews demande quel a été pour lui le moment le plus exaltant quand il était sur la Lune, Alan Shepard lève la main, écarte son pouce et son index d’environ 2 cm et dit : « Quand j’ai fait ça, j’ai pu voir la Terre entre mes doigts. C’est mon plus beau souvenir ! »

     

    *cf anecdote du 8 septembre 2009 “...Une cacahuète sur la Lune”

     

    September 08

    Buzz Aldrin - La médaille du ridicule !

     

    C’est au Redstone Officers Club à Huntsville que Walter Schirra voit pour la première fois la nouvelle recrue Edwin Aldrin. En compagnie des astronautes de son groupe il effectue le tour des installations de la NASA, c’est leur première visite au Marshall. Schirra qui a fait le voyage en T-38 doit leur servir de guide.

    “Nom de Dieu, qu’est ce que c’est que ça ! » demande t-il à Ed Buckbee, l’officier des relations publiques du Centre Spatial Marshall.

    « C’est un astronaute, il est avec toi » lui rétorque Buckbee avec un sourire en coin.

    Aldrin avait épinglé ses médailles militaires sur son costume civil ! ! !

    Apollo 14 - Alan Shepard et Jay Fiondella : une cacahuète sur la Lune !

     

    Chaque fois qu’il en avait l’occasion Alan Shepard allait manger au « Chez Jay » sur Ocean Boulevard, à Santa Monica, un bar-restaurant tenu par Jay "Peanuts" Fiondella, un acteur qui, de 1958 à 2000, a joué de petits rôles dans une trentaine de films (dont l’Arme Fatale 2, 3 et 4) et de séries télévisées  (Perry Mason, Mission Impossible, Laredo, Batman, CHiPs…). Jusqu’en 1980 il utilise le « pseudonyme » de… Jay Della. C’était également un aéronaute passionné et un « chasseur de trésor » émérite.

    Son surnom de « Peanuts » (cacahuète) lui vient du fait que les cacahuètes grillées sont gratuites et à volonté, elles sont d'ailleurs devenues la marque de fabrique de ce lieu. Les coques jonchaient le sol, il y en avait partout, jusque dans les toilettes.

    Les plus grandes stars de Hollywood y venaient régulièrement, Marlon Brando, Michael Caine, Richard Burton, Warren Beatty, Frank Sinatra…les politiques également, dont le plus fidèle, Henry Kissinger, car non seulement la cuisine est excellente (le fameux gratin de pommes de terre aux bananes), mais il avait interdit les appareils photos et les autographes dans son établissement.

     

    Un soir, la veille du départ d’Alan Shepard pour le Cap Canaveral, les deux amis discutent et Shepard confie à Fiondella qu’il va emmener une balle de golf et un club sur la Lune [cf anecdote "Swing sur la Lune (In Golf we Trust) http://anecdotes-spatiales.spaces.live.com/blog/cns!8F6B27099CA0FFDA!1023.entry?&_c02_owner=1]. Il y avait un panier de cacahuètes devant eux, Fiondella lui demande alors : « Prends une de mes cacahuètes et emmène là sur la Lune avec toi. J’aimerais avoir la première « astro-nut » (nut=noix). Chiche, Shepard en prend une et la met dans sa poche. Quelques mois plus tard il l’appelle au téléphone et lui annonce : « J’ai une noix pour toi », Shepard lui amènera la précieuse arachide, avec un certificat d’authenticité, attestant que la cacahuète a été sur la Lune lors de la mission Apollo 14.

     

    Fiondella la gardait toujours sur lui pour la montrer, jusqu’au jour où, l’ayant posée sur le bar, Steve McQueen fit mine de la manger… A compter de ce jour il conserva sa précieuse cacahuète dans un coffre-fort à la banque !

     

    jayfiondella.jpg

    Jay Fiondella dans son bar-restaurant - A noter : les coquilles de cacahuètes par terre ! 

     

     

    Le truculent Jay Fiondella est décédé le 6 novembre 2008 à l’âge de 82 ans. Il avait appelé son bar restaurant « Chez Jay » en hommage au film musical de George Sidney « La Blonde ou la Rousse » (Pal Joey) dans lequel Frank Sinatra, qui deviendra son ami,  joue le rôle de Joey Evans, un chanteur et coureur de jupon notoire, qui avec l’aide financière d’une ancienne amie strip-teaseuse, Vera, (jouée par Rita Hayworth) devenue la respectée Mrs Simpson après un riche mariage, ouvre un cabaret : le « Chez Joey »…

    September 07

    John F. Kennedy - Main tendue à l'URSS pour aller ensemble sur la Lune !

     

    A deux reprises le Président des Etats-Unis, John Kennedy, a publiquement proposé aux soviétiques d’aller ensemble sur la Lune, une première fois le  3 juin 1961, lors du sommet américano-soviétique à Vienne, Khrouchtchev d’abord réticent, accepte puis se ravise et refuse sous prétexte que cette proposition n’est pas assortie de négociations sur la limitation des armements.

    La seconde fois, deux mois avant sa mort, le 20 septembre 1963,  lors d’une intervention devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, il déclare:

    « Il n’y a aucun problème de souveraineté dans l’espace… Pourquoi dans ces conditions, le premier vol d’un Homme vers la Lune doit il donner lieu à une compétition internationale ? Pourquoi les Etats-Unis et l’Union Soviétique ne partageraient- ils pas les recherches, la construction et les coûts, au lieu de les supporter chacun de leur côté et de dupliquer les efforts ? Pourquoi nos deux pays ne pourraient-ils pas explorer l’espace ensemble, avec l’aide d’autres pays du monde, afin d’envoyer au cours de cette décennie, non pas les représentants d’une seule nation, mais des représentants de plusieurs pays, sur la Lune "

    A nouveau Khrouchtchev lui opposa une fin de non recevoir.

    Dans ses mémoires il explique  : « Si nous avions décidé de coopérer avec les américains, nous aurions dû leur révéler la conception du moteur de la Semiorka »

     

    Rétrospectivement, dévoiler les « secrets » de la R7 leur aurait été bien moins  « nuisible » que de  révéler à quel point ils étaient en retard dans leur programme lunaire habité !

     

    Il ne faut pas se méprendre sur les réelles intentions de Kennedy, avant d'y voir le noble geste de la  "main tendue",  il y a bien évidemment de subtiles arrières pensées politiques (...)