Olivier's profileAnecdotes de la Conquête...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    April 25

    Apollo XII - Irving le gorille !

     

    Charles Buckley, le chef de la sécurité du Centre Spatial Kennedy et Pete Conrad étaient amis avec Peter et Julie Firestone, un couple qui avait la particularité de posséder un véritable gorille naturalisé.

    Un animal impressionnant, que Conrad, totalement fasciné par ce singe anthropoïde, avait baptisé Irving Glick*.

    Nous sommes à quelques heures du lancement d’Apollo XII,  il est temps de préparer une petite farce…

    Comme convenu Charlie Buckley se rend chez Peter et Julie, récupère Irving, l’installe précautionneusement sur le siège avant de sa voiture et prend la route pour le centre spatial.

    Bien qu’étant leur chef, il est prié de fournir quelques explications aux gardes de la porte d’entrée principale, avant de pouvoir faire entrer l'animal sur la base.

    A deux heures du matin il  traverse un long couloir avec Irving dans les bras, lorsqu’il croise un technicien, à la vue du gorille ce dernier se met à hurler, fait demi tour et se réfugie dans la première pièce qu’il trouve en claquant précipitamment la porte…

     

    Au petit matin les astronautes d'Apollo XII, Pete Conrad, Alan Bean et Richard Gordon, entrent dans la salle à manger, pour prendre le traditionnel petit déjeuner d’avant vol composé de steak, d’œufs, de jus d’orange de café et de toasts. Dans la pièce il y a déjà Tom Stafford, Jim Irwin, Jim McDivitt, Paul Weitz, Chuck Tringali, le responsable des entrainements, et, assis à la table, vêtu d‘une blouse blanche et d’un casque de technicien, la mascotte de l’équipage, Irving, le gorille préféré de Pete Conrad...  Le repas commence dans l'hilarité générale !

     

    Une photo avec "Irving Glick"

     

     

    * L’excentrique Irving Glick, qui est à l’origine du célébrissime « Belmont Tunnel » entre les villes de Charlotte et Belmont, en Caroline du Nord, avait participé à une émission sur la chaine de télévision WBTV au cours de laquelle il s’était battu avec un figurant déguisé en gorille.

    April 20

    STS-119 - Un passager clandestin...

     

    Lorsque le dimanche 15 mars 2009, Discovery réalise un décollage parfait pour sa trente-sixième mission, (STS-119, qui est le 125ème décollage du programme navette et le 28ème vol vers la Station Spatiale Internationale) elle emporte un passager bien particulier…

    En effet, quelques temps avant le lancement, une chauve-souris s’est accrochée sur le réservoir extérieur de la navette (Cf photo). La NASA espéra que le petit mammifère s’envole avant le moment fatidique, hélas il n’en fut rien. Quelques heures avant le départ l’équipe chargée de procéder aux dernières vérifications (Final Inspection Team – « ICE Team ») fut donc obligée de remplir un rapport d’incident, dont la référence est : IPR 119V-0080 (IPR = Interim Problem Report) pour rendre compte de cette "anomalie". Une petite étude fut réalisée pour savoir si la chauve-souris présentait un quelconque risque, au cas où elle viendrait s’écraser sur la protection thermique de la navette. La réponse étant négative, les responsables du lancement ont, à leur tour, produit un document (Launch Commit Criteria waiver ) confirmant l’innocuité du problème et attestant que le lancement pouvait bien avoir lieu !

    Les aires de lancement du Centre Spatial Kennedy sont pourtant équipées de nombreux systèmes de contre-mesures pour éloigner oiseaux et animaux de toute sorte.  Un radar surveille même les éventuels essaims d’oiseaux.

    Ce n’est pas la première fois qu’une chauve-souris tente de partir dans l’espace, le même cas s’est présenté lors des missions STS-72 (Endeavour) et STS-90 (Columbia). Les chauves souris s’étaient alors envolées juste avant le décollage.

    Dans le cas présent des images infrarouges montrent que le passager clandestin était encore vivant et bien aggripé au réservoir, au moment où la navette dépasse la tour de lancement, dès lors, les chances que l'animal ait pu survivre s'avèrent extrêmement faibles…

     

    STS-72 et STS-119 ont un point commun, le japonais Koichi Wakata qui était présent sur les deux vols, faisant de lui le premier astronaute à s’envoler deux fois dans l’espace en compagnie de chauve souris !

     

     

    Un gros plan du "Batronaut" (en anglais bat = chauve-souris)

    April 18

    STS-95 - Perth, la "Ville Lumière" !

     

    Une magnifique histoire se répète, le 30 octobre 1998, alors que John Glenn est à bord de la navette spatiale Discovery, elle passe au-dessus de la « Ville Lumière », Perth en Australie. Comme ils l’avaient fait il y a 36 ans pour son premier vol spatial (cf anecdote du 23/09/07) les habitants et la municipalité lui ont réservé une petite surprise en allumant toutes les lumières de la ville.

    Cette fois ci, en duplex avec l’hôtel de ville, John Glenn a pu adresser ses remerciements en direct : 

    - « Perth a grandi, les lumières sont plus vives et la surface plus étendue que la dernière fois que j’ai eu l’occasion de voir votre ville sous cet angle, alors même que je suis sur une orbite plus haute. Je vous enverrai les photos que j’ai prises. Passez mes meilleurs vœux à tout le monde ». En entendant sa voix, les milliers de personnes présentes ont laissé éclater leur joie et leur émotion.

     

    (En 1998 Perth compte environ 1 250 000 habitants, il y en avait 430 000 en 1962)

    April 17

    STS-95 - John Glenn... Et de deux !

     
    L’astronaute-devenu-sénateur-devenu-astronaute John Glenn est à 40 ans le premier américain en orbite le 20 février 1962 (mission Friendship 7).
    Voilà que 36 ans et 8 mois plus tard, à 77 ans, cet astronaute du groupe 1, une légende vivante, est sur le point d’effectuer un deuxième vol spatial à bord de la navette Discovery, en ce 29 octobre 1998 (mission STS-95). L’équipage est composé de Curtis L. Brown (Commandant), Steven W. Lindsey (Pilote), Scott E. Parazynski, Stephen K. Robinson, Pedro Duque, Chiaki Mukai et John H. Glenn.
    Parmi cet équipage de sept astronautes seul Pedro Duque n’est jamais allé dans l’espace. Les cinq « vétérans » du programme navette ont surnommé Duque, « Juan Glenn » (qui avec ce vol deviendra le premier espagnol dans l’espace), quant à John Glenn, le vrai vétéran, ils n’ont pas arrêté de le chambrer en lui disant qu’il est également un  « bleu »… Un novice des vols sur navette !
    Un vol qui va le changer de sa première expérience où, sanglé dans le siège de sa minuscule capsule Mercury (1,7 m3 comparés aux 65,8 m3 habitables de la navette)  il n’avait pas réellement pu profiter des joies de l’impesanteur, sa mission avait alors duré 4 heures, 55 minutes, celle-ci durera 9 jours, 19 heures et 54 minutes, soit 48 fois plus longtemps.

     

    Le jour du lancement, alors que l’équipage descend de l’Astrovan (le minibus qui les emmène sur l’aire de lancement), un officier du SWAT* leur demande leur carte d’embarquement. Pas de problème, les cinq « vétérans » présentent leur laissez-passer. John Glenn et Pedro Duque cherchent désespérément les leur en fouillant fébrilement dans leur poche…

    Ne pouvant plus se retenir les cinq petits malins éclatent de rire, Duque et Glenn comprennent qu’ils viennent de se faire avoir ! Il s’agit bien sûr d’une blague… Une carte d’embarquement pour monter dans la navette !!!  

    Depuis le tout premier vol dans l’espace, la tradition exige de briser un peu la tension d’avant lancement en organisant de petites farces. Ce n’est certainement pas en présence de John Glenn que l’on aurait pu déroger à cette coutume !

     

     

    * Special Weapons And Tactics , une unité d’élite semblable au RAID ou au GIGN français qui assure une sécurité renforcée au Centre Spatial Kennedy depuis 1979, en complément des services de sécurité « conventionnels »)

     

     

    1962

     

     

     

    1998

     

    A 77 ans et 3 mois, John Glenn est, à ce jour, l'Homme le plus âgé jamais allé dans l'espace

     

    April 16

    On en parlera à ton retour !

     
    [Le 28 janvier 1986, l’explosion de la navette Challenger – mission 51-L – a causé la mort de 7 astronautes (cf photo ci-dessous) dont Christa McAuliffe, une institutrice]
     

     
     
    Ce jour là, l’astronaute Robert Cenker se trouve dans un avion de ligne à destination de Los Angeles lorsqu’il entend sur son baladeur radio que la navette Challenger vient d'exploser. S’il avait pu, il aurait collé un coup de poing sur la figure du journaliste quand ce dernier annonce que l’ont voit des parachutes et que l’on va aller récupérer l’équipage.
    « Ce gars ne sait absolument pas de quoi il parle » pense t-il.
    Il se met alors à trembler, à tel point, que son voisin s’inquiète : «Ça va ? »
    Il balbutie : « Challenger vient d’exploser ! »
    - « Oh non ! », puis, « Vous connaissiez quelqu’un sur ce vol ? »
    - « Oui, je travaillais avec eux, j’étais sur le dernier vol de la navette ! »
    Son voisin appelle alors l’hôtesse qui demande à Cenker s'il veut boire quelque chose. Il prend un verre d'alcool, ce qu’il ne fait que très rarement !
     
    Bob Cenker s’était lié d’amitié avec Christa McAuliffe, ils devaient s’échanger des photos de leur mission, une fois qu’ils seraient devenus des « vétérans ». A deux semaines d’écart ils allaient chacun effectuer leur premier vol spatial.
    A son retour Christa, impatiente, lui avait demandé : « Alors raconte-moi… Comment c’était ? Aller raconte moi ! »
    Il lui avait répondu : « Tu verras bien,  rien de ce que je pourrai te dire ne pourra jamais te préparer à ça !»
    Il avait ajouté : « On en parlera à ton retour ! »
     
     

     

    Une photo représentant notamment Christa McAuliffe et Robert Cenker

     lors d'un entrainement en impesanteur à bord d'un avion KC-135.

     

    April 15

    STS-1 - Je t'en prie... Après toi !

     

    Il existe sur la tour de service du pas de tir de la navette spatiale un système d’évacuation d’urgence pour les astronautes et le personnel, appelé « Slidewire ». Il s’agit de nacelles pouvant accueillir jusqu’ à 4 personnes, fixées à un câble de 366 mètres de long, qui emmènent les personnes à très vive allure, à l’abri, loin d’une éventuelle déflagration.

    A l’occasion d’une conférence de presse avant le vol STS-1, les journalistes demandent aux astronautes John Young et Robert Crippen comment se sont déroulés les tests de ce « Slidewire Escape System ».

     

    Young : « J’ai demandé à Crippen de faire ce test car j’avais peur que ce système ne fonctionne pas très bien »

    - « Il me laisse toujours les bons plans » ironise Crippen

    - « En effet, » ajoute Young « il y a une chose que vous devez savoir, si vous voulez un jour commander une mission : laissez toujours votre pilote y aller en premier »

     

     

     

    Robert Crippen et John Young

     

     

     

    John Young et George Abbey (à gauche)  Robert Crippen (de profil)  Richard Truly et Joe Engle

    April 14

    Apollo XII. Quels indicatifs choisir ?

     
    Lorsque Pete Conrad, Alan Bean et Richard Gordon ont commencé à recueillir des suggestions d'indicatifs pour leur LM et leur CM, quelqu’un a suggéré, le plus sérieusement du monde, « Lem et Abner » [d’après le titre d’un célébrissime feuilleton radiophonique humoristique créé par Chester Lauck et Norris Goff, intitulé « Lum et Abner » qui a été diffusé de 1932 à 1954. Chester Lauck jouait le rôle de Columbus "Lum" Edwards et Norris Goff celui d’Abner Peabody, les copropriétaires d’un magasin, le « Jot’em Down Store » (astuce avec shoot them down).  Une "série" qui est devenue une véritable institution aux Etats-Unis]
    Conrad rejeta d’emblée cette proposition farfelue basée sur le jeu de mot entre « Lum » et « LM » que l’on prononce « Lem ».  Il voulait quelque chose de résolument plus digne.
    Quelqu’un d’autre proposa Vénus… Conrad, séduit, alla consulter une encyclopédie : « Non ça ne va pas ! »
    En effet, il découvrit que la Vénus pompéienne, la divinité protectrice de Pompéi, a quelquefois été associée avec la prostitution.
    Il s’intéressa alors aux noms que les britanniques donnaient à leur vaisseau, « Intrepid » l’interpella, car il aimait la symbolique véhiculée par ce nom; hardiesse, courage, vaillance. Il vérifia quand même la définition exacte de cet adjectif dans un dictionnaire, ( Le Webster's Dictionary, l'équivalent de notre Larousse) 
    C'est ainsi que le choix d"Intrepid" fut arrêté pour le LM, quant au CM il s'appellera « Yankee Clipper » (Les Clippers étaient des voiliers très rapides construits au milieu du XIX ème siècle en Nouvelle-Angleterre, les premiers navires américains à faire le tour du monde).
    Des noms tout à fait appropriés pour le seul équipage 100% Navy du programme Apollo.
     
    Pete Conrad et la NASA ne manquèrent pas de recevoir des lettres de protestation, l'argument étant bien entendu que "Intrepid" est un nom habituellement donné à des vaisseaux de guerre et qu'en la circonstance ce choix est tout à fait déplacé ! 
    Effectivement dans l’Histoire de la marine militaire américaine, au moins 4 navires ont été baptisés ainsi, dont un certain porte-avion, bâtiment principal de la flotte de récupération des missions Mercury/Aurora 7 et Gemini 3 !
     

    James C. Fletcher, deux fois Administrateur de la NASA !

     

    A ce jour on dénombre 14 administrateurs de la NASA, 10 ont été nommés et 4 ont « simplement » assuré l’intérim. James C. Fletcher est le seul à avoir assuré cette fonction à deux reprises. La première du 27 avril 1971 au 1er mai 1977 soit 2 197 jours, la seconde du 12 mai 1986 au 8 avril 1989, soit 1062 jours.

     

    Le premier Administrateur est Keith Glennan qui a occupé cette fonction du 19 aout 1958 au 20 janvier 1961. C’est Daniel Golding qui est resté le plus longtemps à la tête de la NASA, 3 517 jours, du 1 avril 1992 au 17 novembre 2001, et Thomas O. Paine le moins longtemps, 573 jours, du 21 mars 1969 au 15 septembre 1970. (Ne sont pas pris en compte dans ce calcul les administrateurs… intérimaires)

    Tous les Administrateurs de la NASA et leur biographie (en anglais)

    April 12

    Une histoire de religion...

     
    James Fletcher, le tout nouvel administrateur de la NASA depuis le 27 avril 1971, se trouve en compagnie de Frank Williams, James Daniels et Wernher Von Braun dans un avion de la NASA. Lorsque l’hôtesse leur demande ce qu’ils veulent boire, tout le monde commande un cocktail, sauf Fletcher, membre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, un mormon, qui souhaite un verre de lait. Lorsque les consommations sont servies Von Braun fait mine de savourer son cocktail et en levant son verre lance à l’adresse de Fletcher : « Dommage que votre religion ne vous autorise pas à boire de l’alcool. Santé !»
    Du tac au tac ce dernier lui rétorque : « Dommage que votre religion ne vous permette pas d’avoir plus d’une épouse. Santé ! »
     

    "Bip, bip, bip !"

     

    Aux journalistes venus à Oberaudorf, une petite ville de Bavière, pour recueillir leur réaction à l’occasion de la mise en orbite du premier satellite américain, Explorer 1, les parents de Wernher Von Braun, Magnus et Emmy, déclarèrent : « Nous attendions depuis longtemps que Wernher ait la chance de montrer ce dont  il est capable. Il y a deux ans, lorsqu’il affirmait publiquement  qu’un jour ou l’autre nous verrions une « Etoile Rouge » dans le ciel, peu de gens l’ont pris au sérieux, et finalement on a fait appel à lui pour répondre à cette « Etoile Rouge ».

    Le télégramme de félicitation qu’ils envoyèrent à leur fils ne comportait que trois mots : « Bip, bip, bip ! ».

    April 11

    Arthur Rudolph - Werner ? Quel Werner ? Ah Wernher !

     

    Le 14 octobre 1967 le « Countdown Demonstration Test »* de la fusée Saturn V qui a débuté le 29 septembre et a été émaillé de nombreux problèmes, s’achève enfin. Désormais tout est prêt pour le premier lancement qui doit intervenir le 9 novembre prochain. C’est Arthur Rudolph, le Directeur du programme Saturn V qui est bien évidemment responsable de ce test, il se trouve au centre de contrôle des lancements (LCC - Launch Control Center) du Centre Spatial Kennedy.

    De toute part les messages de félicitations affluent,  une « ligne intercom » permet à tout le monde d’entendre les conversations, soudain on entend :

    « Arthur, toutes mes félicitations pour cet excellent travail ! »

    « Merci, mais à qui ai-je l’honneur ? » demande un Rudolph exténué

    « C’est Wernher »

    « Werner qui ? » demande Rudolph qui ne reconnaît toujours pas son interlocuteur (il convient de préciser qu’il y avait plusieurs Werner à Huntsville, Werner Dahm, Werner Kuers, Werner Sieber, Werner Tiller, Werner Voss, Werner Rosinski, Werner Gengelbach…   mais un seul Wernher avec un h qui est l’orthographe « classique » de ce prénom)

    « Espèce de [censuré] ! » lance Von Braun, « Je suis celui qui va à Washington pour demander les crédits qui te permettent de t’amuser avec tes petits jouets »

    Après une pause, Rudolph, passablement embarrassé, s'exclame :  « Ah, Wernher Von Braun ! »

     

    De retour à Huntsville Rudolph ne manqua pas de se faire chambrer par ses collègues, un épisode qui fera également l’objet d’une bonne partie de rigolade avec Von Braun.

    Lors de la fête organisée pour sa retraite fin 1968, on passa l’enregistrement de cette conversation !

     

    * Le CDT est une simulation grandeur nature qui permet de valider toute la chronologie des événements et procédures (le compte à rebours) qui mènent jusqu'au lancement.

    April 10

    STS-80 - Story Musgrave, debout dans le cockpit de la navette lors de l'atterrissage !

     

    Story Musgrave est un astronaute « hors du commun », sélectionné en août 1967, il fait partie du sixième groupe.

    Il a effectué la bagatelle de six vols spatiaux. Il est le seul astronaute à avoir volé sur toutes les navettes spatiales. [Challenger (STS-6 et STS-51F), Discovery (STS-33), Atlantis (STS-44), Endeavour (STS-61) et Columbia (STS-80)]

    Lors de son premier vol, STS-6 en 1983, il a notamment effectué la première sortie dans l’espace du programme navette, et lors de son dernier vol (STS-80 en 1996), la plus longue mission d’une navette spatiale,17 jours 15 heures 53 minutes et 18 secondes, il a accompli un fait unique dans les annales, en restant debout lors de la rentrée atmosphérique, pour profiter du spectacle dira t-il !

    Il a ainsi pu filmer avec un caméscope la « féerie » de la rentrée atmosphérique, les ondes de choc, les couleurs...

    Story Musgrave voulait prouver que l’on peut tout à fait rester debout lorsque l’on passe d’un environnement 0g à la gravité terrestre. « Il était important de démontrer que le système cardiovasculaire permet de se réadapter sans problème à la gravité après un séjour de plus de 17 jours en impesanteur sans être obligé d’être assis et sanglé sur un siège lors de l’atterrissage. Je n’ai eu aucun problème à rester debout tout le long de la « descente » jusqu'à l’atterrissage.

    Lorsque je suis descendu de la navette je me suis senti un peu faible, mais rien de bien sérieux, le lendemain j’ai pu faire un jogging. J’ai fait une partie de racquetball  24 heures avant le vol et une partie 24 heures après le vol. J’ai aussi bien joué les deux fois ! »

     

    Il convient de noter qu’un astronaute de la navette subit une accélération d'environ 2g lors de la rentrée. Précisons également que sur la longue liste des diplômes de Story Musgrave figure un doctorat en médecine !

    April 09

    La "fusée lunaire"

     

    Wernher Von Braun n’aimait pas du tout que l’on qualifie la Saturn V de « fusée lunaire » (Moon Rocket). Il trouvait cette appellation beaucoup trop restrictive. « Nous n’avons pas construit la Saturn V uniquement pour aller sur la Lune, nous l’avons construite pour explorer l’espace et atteindre les étoiles. »

    C’est ainsi que Gene Bylinski a surnommé la Saturn V « La machine spatiale à tout faire du Dr Von Braun ».

     

    Lorsque Von Braun a tenu ces propos, il était loin d’imaginer que la Saturn V ne volera en tout et pour tout que 13 fois (entre le 9 novembre 1967 et le 14 mai 1973) et ne servira bien, en définitive, que pour le programme lunaire Apollo.

     

    Exception faite de son dernier vol, en réalité une variante avec uniquement deux étages propulsifs (au lieu de trois) qui porte le nom de code  « Saturn INT-21», qui a permis la mise en orbite de Skylab.

    Et Skylab n’est « rien d’autre » qu’un troisième étage de Saturn V modifié en station spatiale !  La boucle est bouclée !

    April 08

    Un voyage en Antarctique... pour briser la glace !

     
    Le 26 décembre 1966 Wernher Von Braun et Ernst Stuhlinger quittent Huntsville à destination de Christchurch en Nouvelle-Zélande qui est la base de départ des expéditions antarctiques américaines. En effet ils sont invités par la National Science Foundation pour participer à une expédition de sept jours au Pôle Sud, pendant l’été austral.
    Le but de ce voyage est d’étudier les conditions de survie en milieu hostile afin d’accumuler des connaissances qui pourront servir à l’installation de bases sur la Lune et sur Mars. (En 1967 règne encore un optimisme à toute épreuve concernant le futur du programme spatial)
    Robert Gilruth et Max Faget font également partie du voyage, une lumineuse idée des responsables de la NASA, visant à « réunir » les deux directeurs de centre, qu’une certaine inimitié sépare, afin d’améliorer leur relation.
    [Wernher Von Braun est directeur du Centre Spatial Marshall, Huntsville, Alabama ; Robert Gilruth est Directeur du Centre des Vols Spatiaux Habités (Manned Spacecraft Center), Houston, Texas]
    Von Braun et Stuhlinger partis quelques jours avant, en profitent pour faire escale à Hawaii, Tahiti, Bora Bora et Fidji avant de rejoindre Gilruth et Faget à Christchurch, le 1er janvier, comme prévu. Deux jours plus tard, ils embarquent dans un avion Constellation pour se rendre à la station McMurdo située dans le sud de l'île de Ross. Von Braun, pilote émérite, s’assoit à la place du copilote et prend les commandes de l’avion pendant la plus grande partie du trajet.
    Au cour de leur périple, ils visitent les différentes stations américaines et ne manquent pas de participer au fameux rituel consistant à tourner autour du Pôle Sud géographique, vêtus simplement d’une paire de chaussure et... d’une serviette, ce par une température de -28°C. (L'emplacement du pôle Sud géographique est indiqué par un petit panneau et un pieu dans la glace, repositionnés chaque année au nouvel an pour compenser la dérive glaciaire)
    Ils quittent la base de McMurdo le 10 janvier et sont de retour aux Etats-Unis le 13.
     
    Cette expédition marqua profondément ses protagonistes. A leur retour un Ernst Stuhlinger hilare déclara : « Nous avons battu un record spatial de vitesse, en tournant autour de la Terre toutes les trois secondes ».
    Il semble qu’après ce voyage l'animosité entre Von Braun et Gilruth ait laissé la place à une sorte… d’Entente cordiale !
    April 05

    Prime de vol

     

    Alors qu’il est dans l'espace, John Glenn (mission Friendship 7), pense tout à coup à la prime de vol que devra lui verser le Corps des Marines dont il fait toujours partie, il annonce en rigolant qu’avec ses trois orbites il va avoir une sacré prime… John Glenn touchera un bonus de 245 dollars soit un penny par 4,8 km parcourus.

    Beaucoup mieux qu’Alan Shepard qui a touché 14,38 dollars pour son vol suborbital de 15 minutes !