Olivier's profileAnecdotes de la Conquête...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    February 29

    Apollo 11 et le Révérend Ralph Abernathy

     
    Le mardi 15 juillet 1969, le Révérend Ralph Abernathy, qui a succédé à Martin Luther King comme responsable de la « Southern Christian Leadership Conference » se présente devant le Centre Spatial Kennedy sur un chariot tiré par une mule accompagné d’un groupe de manifestants pour dénoncer « ce monumental gaspillage d’argent qui aurait pu servir à nourrir, vêtir, soigner, loger les pauvres ». L’Administrateur de la NASA, Thomas Paine, en personne, les rencontre. Après avoir tenté de leur expliquer que le problème de la pauvreté ne serait pas résolu par l’annulation de la mission, Paine invite une délégation à venir asister au lancement depuis le site officiel réservé aux visiteurs de marque.
    Le lendemain, alors qu'ils attendent la mise à feu, les manifestants scandent le slogan « nous ne sommes pas des astronautes, mais de simples gens».
     
    Après le décollage, le Révérend, manifestement impressionné et bouleversé par cette expérience, déclara : « Je suis un des américains les plus fier, je pense vraiment que l’Amérique est une Terre sainte »
    February 24

    Mr Georges Pompidou à Baïkonour. Le sens de la diplomatie !

     
    En février 1970 Georges Pompidou visite le Centre Spatial Kennedy, en octobre de la même année il est à Baïkonour. Voici un extrait du compte rendu de la conférence de presse de M. Pompidou à Tachkent, le 11 octobre. (A.F.P)
     
     
    LA VISITE DE BAÏKONOUR
     
    M. Georges Pompidou a levé ce soir à Tachkent une partie du voile qui recouvrait la visite qu'il avait effectuée les 8 et 9 octobre dans le Centre spatial de Baïkonour. Au cours d'une conférence de presse, il a révélé « qu'il a assisté au lancement d'un satellite » ajoutant : « j'ai assisté également à une autre expérience, disons d'ordre militaire ».
    Le président de la République a encore révélé qu'il avait vu « les types de grandes fusées qui lancent les satellites et notamment celle qui a propulsé Luna 16 sur la lune ». « J'ai vu aussi la cabine dans laquelle est revenu le grand et malheureux Gagarine ».
    Comme un journaliste lui demandait s'il pouvait faire une comparaison entre le Cap Kennedy et Baïkonour, qu'il a visité à 8 mois d'intervalle, M. Pompidou a répondu :
    « Comparer est difficile. Les deux pays sont très différents. La façon de montrer ainsi que les méthodes sont aussi très différentes. Il y a beaucoup plus de richesses dans la présentation et même dans l'exécution aux États-Unis. L'organisation russe est plus austère et plus simple mais aussi efficace. Les résultats le prouvent ».,

    "Deke" Slayton - Pour fêter ça !

     

    Depuis mars 1962, Donald Slayton ne pouvait plus voler en solo et était interdit de vol spatial (cf anecdote du 2 février 2008), lorsque qu’en juillet 1970  son « souffle au cœur » disparaît  et qu’en mars 1972 il recouvre son habilitation au vol, la première chose qu’il fait , ce n’est pas de déboucher une bouteille de Champagne, mais de filer à la base aérienne d’Ellington située juste à côté du Centre des Vols Habités de Houston, prendre un T-38, et, pendant une heure, faire des acrobaties, piloter enfin tout seul, après 10 ans dans le siège du navigateur !  

    February 22

    Apollo 14 - "Turtle Rock"

     
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    "Le Rocher de la Tortue"
     
    February 21

    Apollo 14 - Swing sur la Lune ("In Golf we trust")

     
    Le 6 février 1970, à la fin de la deuxième et dernière EVA (Activité extra véhiculaire) de la mission Apollo 14, à 135:08:17, Alan Shepard se retourne vers la caméra et annonce : « Houston,si vous regardez bien vous devriez reconnaître ce que je tiens dans la main, le manche du collecteur d’échantillon d’urgence, il se trouve qu’il y a un fer numéro 6 à son extrémité. Dans ma main gauche j’ai une petite balle blanche, familière à des millions d’américains. Je laisse tomber la balle sur le sol. Malheureusement la combinaison est trop rigide, je ne peux pas exécuter le mouvement à deux mains, je vais quand même essayer de faire un « sand trap shot » ! (coup qui permet de sortir du bunker, les bunkers sont des obstacle creux remplis de sable qui se trouvent autour des fairways et des greens, que l’on appelle également "pièges de sable")
     
    Le premier swing est un ratage complet, il ne soulève que de la poussière, une "gratte", dans le jargon des golfeurs.
     
    Au deuxième swing, il fait un "top", c'est-à-dire qu’il touche le haut de la balle qu’il envoie à quelques dizaines de centimètres  vers la droite. Le CapCom Fred Haise lance une boutade : « D’ici on aurait dit un slice ! » sauf que la balle n’a pas décollé, et Haise sait pertinemment qu’en l’absence d’atmosphère une balle ne peut « slicer » qu’au sol.
     
    Imperturbable Shepard effectue un troisième swing, cette fois l’impact est franc, la balle décolle et parcoure environ 200 mètres.
    Alan Shepard "droppe" sa deuxième balle, se met en position et frappe, pour son dernier coup il envoie la balle de golf  à environ 400 mètres, crâneur il s’exclame « A des kilomètres, des kilomètres et des kilomètres » (« Miles and miles and miles »)
     
     
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    Une oeuvre d'art "reconstituant" fidèlement l'événement.
     
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    Une image composite réalisée à partir du film, publiée pour la première fois dans le livre signé Alan Shepard et Donald Slayton, "Moonshot", dont la traduction française est "Ils voulaient la Lune"
     
     
    Une légende tenace raconte que Shepard aurait frauduleusement emporté ce fer numéro 6 modifié pour qu'il s'emboite sur le manche du collecteur, c’est totalement faux, Shepard en a parlé au responsable de la planification de la mission, qui a immédiatement adhéré. Quant au marché conclu avec les responsables de la NASA, il était le suivant, si les objectifs de la mission sont réalisés il pourra prendre quelques minutes pour frapper ses deux balles de golf, dans le cas contraire il s’abstiendra. Shepard s’était entrainé sur son temps libre au swing en combinaison spatiale car il avait peur que ce mouvement le déséquilibre et le fasse tomber.
    Le manche télescopique du collecteur d’échantillon et le fer 6 ont été ramenés sur Terre, ils sont exposés au musée de l’US Golf Association à Far Hills dans le New Jersey. Alan Shepard voulait récupérer les deux balles mais il n’avait plus assez de temps ni d’oxygène.
    Certains esprits chagrins ont fortement critiqué cette… frivolité. Dépenser autant d’argent pour jouer au golf sur la Lune… Rappelons simplement que les astronautes ont travaillé plus de 9 heures sur la Lune en deux sorties,  la partie de golf a duré une minute (de 135:08:17 à 135:09:20 soit exactement 1 minute et 3 secondes ! )
    L’idée de jouer au golf sur la Lune lui vient de son ami, le comédien Bob Hope, qui avait une passion légendaire pour le golf, à tel point qu’il se baladait souvent avec un club dans la main !
    Les astronautes reçurent un télégramme plein d’humour du prestigieux Royal and Ancient Golf Club de St Andrews en Ecosse, un des plus anciens clubs de golf au monde, qui a édicté les règles modernes du golf et qui est réputé pour être très à cheval sur l’étiquette : « Nos plus chaleureuses félicitations  pour votre exploit et votre retour sain et sauf sur Terre. Veuillez vous référer aux règles du Golf, section étiquette, paragraphe 6 – Même s'il n'y a pas de râteau à proximité du bunker, vous devez toujours au moment de le quitter niveler le sable et effacer vos traces de club et de pas."  (Il y a une double astuce, d'abord il faut comprendre que le bunker c’est la Lune toute entière, on n'y trouve que du "sable", et, quant à tout remettre en état pour le prochain joueur, est-ce vraiment utile ?)
    Quelques mois plus tard, Shepard fit la couverture de Golf Magazine avec ce titre : « Golf’s Man on the Moon » 
     
    Alan B. Shepard, le premier américain dans l'espace, est à ce jour le seul Homme à avoir joué au golf sur la Lune et devrait le rester quelques années encore !
     
     
     
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    Edgar Mitchell, le premier "caddie" sur la lune, tenant le club d'Alan Shepard
     
     
     
    Anecdote dans l'anecdote, le site NASA Facts affirme faussement (9ème paragraphe / colonne de gauche) que Shepard s'est servi d'un fer numéro 8 et qu'il a frappé 3 balles !!! 
     

    Apollo 14 - Lancer de javelot sur la Lune !

     
    Après la partie de golf d’Alan Shepard, d’aucuns pensent que c’en est fini des activités sportives sur la Lune, que nenni, à 135:21:19  Edgar Mitchell, que Shepard surnomme Old Lefty (le vieux gaucher), se saisit de la hampe du SWC (Solar Wind Composition experiment), se place hors du champ de la caméra et lance ce javelot improvisé dans la direction où Shepard a envoyé sa première balle de golf (d’Est en Ouest). Par une extraordinaire coïncidence le javelot est tombé dans le même cratère que la balle de golf (cf photo ci-dessous) à environ 200 mètres !
    Et Shepard de s’exclamer : « Magnifique, magnifique ! »
     

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    Photo prise du LM - Dans le cercle blanc, le "javelot" et juste dessous la première balle de Shepard. 

    Il est difficile d'apprécier les distances sur la Lune ainsi que l'écart réel entre le "javelot" et la balle de golf.

    February 19

    Une surprise pour Georges Pompidou lors de sa visite au Centre Spatial Kennedy

     
    Le Président de la République française, Georges Pompidou, réserva aux Etats-Unis son premier voyage officiel à l'étranger, il y resta 9 jours, du 24 février au 3 mars 1970.
    Le 26 février il visite longuement le Centre Spatial Kennedy, lorsqu’il est invité à prendre les commandes du simulateur du Module Lunaire, qui est bien entendu préprogrammé pour  l’emmener en douceur sur la surface de la Lune, il a la surprise de voir que la trajectoire l’emmène tout droit près de… la Tour Eiffel, "plantée" au beau milieu de la Mer de la Tranquilité ! 
     
    Lors de sa visite, Willy Brandt, le Chancelier de le République Fédérale d’Allemagne, posera le LM sur un énorme logo Volkswagen !
     
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    "Le Président français Georges Pompidou en visite au Centre Spatial Kennedy fit part de son admiration devant les gigantesques installations, et exprima le souhait de voir un jour des européens sur la Lune."
     
     
     
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    Claude et Georges Pompidou au pied du LM
    February 18

    Apollo 11 et Arthur C. Clarke

     
    Le 16 décembre dernier le grand Arthur C. Clarke a fêté sa 90 ème révolution autour du soleil...  Le 16 juillet 1969 il se trouvait dans le LCC (Launch Control Center) et a prononcé une phrase qui fut diffusée par les hauts parleur du Centre Spatial Kennedy: « Aujourd’hui nous vivons  le dernier jour de l’ancien Monde »
    Deux heures et quelques minutes plus tard, alors que la fusée Saturn V est si loin dans le ciel qu’on ne la voit plus, Arthur C. Clarke se retourne vers Reginald Turnill, le spécialiste des questions spatiales de la BBC et lui confie d’une voix empreinte d’une indicible émotion, les yeux encore baignés de larmes : « Lors du décollage j’ai pleuré, il y a vingt ans que je n’avais pas pleuré, j’ai prié aussi, il y a quarante ans que je n’avais pas prié ! »
     
    February 17

    Apollo 11 - Comme prévu !

     
    Le plan de vol de la mission Apollo 11 comporte 240 pages et pèse 907 grammes. Il y en avait bien sûr deux exemplaires, un dans le CSM, l’autre dans LM, auxquels il faut ajouter 9 kg de documents techniques parmi lesquels un classeur de 350 pages intitulé « Règles de Mission » (Mission Rules)  répertoriant les conduites à tenir pour toutes les situations possibles et imaginables.
    Le plan de vol de la mission Apollo 11 a été élaboré sous la direction de Ted Guillory (Flight Planning Branch – Flight Crew Support Division)
    Comme on peut le voir sur la page du plan de vol ci-dessous l’atterrissage sur la Lune était prévu pour la 102ème heure 47ème  minute et 11ème  seconde après le décollage (102:47:11). En réalité l’atterrissage est intervenu à 102:45:39,9 avec une coupure des moteurs à 102:45:41 !
     
     
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    La Saturn V et le cheval de Lady Godiva

     
    Wernher Von Braun, directeur du Centre Spatial Marshall, était bien conscient que son organisation, bien qu’étant la plus importante en terme de budget et de personnel de tous les centres de la NASA, ne pouvait pas rivaliser avec l’éclat et le prestige du Centre des Vols Habités (futur Centre Spatial Johnson) où sont basés les astronautes, véritables chevaliers des temps modernes. Un soir, alors qu’il participe à un dîner à Houston, est projeté un film sur le programme Apollo qui, à sa grande surprise, ne fait aucunement mention de son centre ou de la Saturn V.
    Lorsqu' à son tour il prend la parole, il ne manque pas de relever l’omission et d’ajouter malicieusement : « Bien sûr, si on la compare aux astronautes, notre Saturne est à peu près aussi attirante (sex appeal) que le cheval de Lady Godiva! »
     
    Il convient de préciser qu’en anglais on dit Lady Godiva’s horse… Toute l’astuce et la subtilité de cette remarque vient du fait qu'il faut bien évidemment marquer un temps d'arrêt entre Lady Godiva et ….’s horse !  Superbe remarque de Von Braun !
     
     
    *La légende raconte que Lady Godiva, la très belle épouse de Leofric III (968-1057) seigneur de Coventry a traversé nue à cheval les rues de Coventry à la suite d’une promesse faite par son mari de supprimer le péage exorbitant qu'il percevait si elle osait traverser le marché de la ville nue sur un cheval. Comme elle souhaitait depuis longtemps libérer la population de la ville de cet impôt oppressant, elle releva le "défi". Leoffric III tint parole et supprima le péage.
    February 16

    Apollo 11 - Dernière conférence de presse avant d'entrer dans l'Histoire

     
    Le samedi 5 juillet, les astronautes d’Apollo 11 participent, dans l’auditorium du bâtiment 1 du Centre des Vols Habités à Houston, à la dernière conférence de presse avant le décollage. Ils arrivent en portant des masques de protection qu’ils enlèvent en entrant dans une sorte d’abri transparent (cf photo ci-dessous) qui permet grâce à un flux d’air savamment dosé et orienté, de les isoler en empêchant  l’air extérieur d’y pénétrer. Le but étant bien entendu d’éviter toute contamination à quelques jours du départ. Par respect, certains journalistes ont même pris la peine de porter des masques chirurgicaux.
    Ces derniers sont bien plus intéressés par le côté humain que par la technologie. Les questions sont essentiellement d’ordre philosophique, ils veulent savoir ce que les astronautes ressentent, comment ils appréhendent cette mission ô combien historique.
    Avec des caractères comme ceux d’Armstrong et Aldrin ils sont plutôt mal tombés.
    Seul Collins est  un peu plus disert, malheureusement pour les journalistes, c’est justement celui qui ne marchera pas sur la Lune
    Comme il le dira plus tard : « Si la NASA avait souhaité des personnes plus enclines à ressentir et à partager des émotions, elle aurait mieux fait de choisir un équipage composé d’un philosophe, d’un prêtre et d’un poète, et non pas des pilotes d’essai, justement entrainés à refréner leurs émotions et à garder un esprit analytique. D’un autre côté, un tel équipage, immanquablement submergé par l’émotion, n’aurait pas pu mener à bien une mission si complexe ».  
    Si les astronautes n’ont pas été très loquaces quant  à leurs états d’âme, ils n’ont en revanche pas manqué d’humour, ainsi  lorsqu’un journaliste demande à Armstrong ce qu’il aimerait, le plus, emporter avec lui sur la Lune, il répond : « Plus de carburant ! »  
     
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    Apollo 11 - Thomas Paine fait une promesse

     
    Le 10 juillet 1969, l’Administrateur de la NASA, Thomas Paine, au cours d’un dîner privé avec l’équipage d’Apollo 11, exhorte les astronautes, Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin : « Si vous avez un problème là-haut, n’hésitez pas à interrompre la mission. Revenez. Ne vous tuez pas. Si vous deviez interrompre la mission, je vous promets que vous pourrez retenter votre chance avec la mission suivante. Surtout ne vous tuez pas ! »
    Il est bien évident que ce « stratagème » à pour but d’éliminer le danger de voir le jugement des astronautes faussé par une impérieuse motivation d’être les premiers sur la Lune. Il les dissuade ainsi de prendre des risques inconsidérés.
    Thomas Paine avait tenu exactement le même discours aux astronautes d’Apollo 8 et Apollo 10 !
    February 13

    Apollo-Soyouz - Le russe, l'anglais et... l'oklahomski !

     
    Pour la mission conjointe américano-soviétique Apollo Soyouz, les astronautes Thomas Stafford, Donald Slayton et Vance Brand durent prendre des cours de russe et les cosmonautes Alexei Leonov et Valery Kubasov  des cours d’anglais. Pour Léonov qui parle couramment la langue de Shakespeare, il s’agissait juste d’acquérir  les termes techniques. Ce dernier disait d’ailleurs qu’en réalité il fallait maîtriser trois langues : le russe, l’anglais et « l’oklahomski »,  ce, pour taquiner un peu Thomas Stafford (surnommé Mumbles ; celui qui marmonne) qui s’exprimait en russe avec cet accent trainant, caractéristique des états du sud des Etats-Unis comme l’Oklahoma, dont il est originaire !   

    Apollo 11 - Le disque oublié !

     
    Le disque de silicium sur lequel sont gravés, entre autre, les messages de bonne volonté de 73 chefs d’état (cf anecdotes du 1er et 2 février), qui a été déposé sur la surface de la Lune lors de la mission Apollo 11 a bien failli ne pas l’être…
    Le minuscule, mais ô combien symbolique, disque a été placé dans une pochette en "Beta cloth" (tissu ininflammable, qui recouvre notamment les scaphandres spatiaux, développé après la tragédie Apollo 1) laquelle contient également un petit rameau d’olivier en or, symbole universel de paix , un écusson de la mission Apollo 1, deux médailles commémoratives soviétiques à l’effigie des cosmonautes décédés, Youri Gagarine, et Vladimir Komarov, ramenées d'Union Soviétique par Frank Borman.
    Aldrin a rangé cette pochette et son contenu dans une poche située au niveau de l’épaule gauche de sa combinaison. (Penlight pocket)
     
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    La première exploration de la surface de la Lune touche à son terme, Buzz Aldrin doit réintégrer le LM, (Mission Elapsed Time 111:36:38), il a déjà gravi la moitié de l’échelle, lorsque Neil Armstrong  lui demande « innocemment » s’il a pensé à déposer le paquet qui se trouve dans une de ses poches.
    Comme il s’y attendait, Aldrin répond par la négative. Pressé par le temps, il ne peut redescendre, il extrait donc de sa poche le petit sac et n’a pas d’autre alternative que de le lancer vers son commandant en contrebas.
    Sur la Lune la gravité étant six fois moindre que sur Terre, le sac tombe doucement sur le sol, juste à la droite de Neil Armstrong qui, dans l’impossibilité de le ramasser avec la main en raison de la rigidité du scaphandre, le pousse délicatement… du pied, pour le placer un peu plus loin !!!
     
    Le plan de vol était si dense et tellement  complexe que les astronautes sont passés complètement à côté de cette commémoration décidée, il est vrai, à la dernière minute et pour laquelle il n’y a jamais eu de répétition.
    Dommage, le disque et les autres objets auraient mérité d’être déposés sur la Lune avec un peu plus d’égards, c’est le moins que l’on puisse dire !  
     
    Protégé par une boite en aluminium sur mesure et la pochette en "Beta cloth", le disque n’a certainement pas été endommagé. (A moins bien sûr qu’en se débarrassant des PLSS, l’un d’eux soit malencontreusement tombé dessus !  Il est par ailleurs fort probable que le petit sac blanc a été recouvert par la poussière soulevée lors du décollage ! )
     
    Même si la manière laisse grandement à désirer, il n’en demeure pas moins que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité,  des Hommes sont allés déposer sur un autre monde, des messages d’espoir et de paix !  
    February 03

    Apollo 11 - Lunar Module McGhee !

     
    Alors qu’ils ont quitté la sphère d’influence de la Lune et foncent vers la Terre, le CapCom Owen Garriott signale aux trois astronautes d’Apollo 11, qu’en leur honneur, les habitants de Vancouver (Colombie Britannique), Seattle (Washington), Portland (Oregon), San Francisco (Californie) vont allumer toutes les lumières à leur disposition entre 22:00 et minuit. Comme le ciel sera dégagé au dessus de la côte ouest, le spectacle devrait être splendide.
    Il leur communique ensuite la nouvelle suivante : à Memphis dans le Tennessee, une petite fille de 3,6 Kg  a été prénommée Module par ses parents Mr et Mme Eddie Lee McGhee. Madame McGhee a toutefois tenu à préciser aux journalistes que c’est l’idée de son mari, au départ il voulait l’appeler Lunar Module, mais elle s’y est fermement opposée, car Lunar Module McGhee ne sonne pas très bien. Ils ont donc fini par tomber d’accord sur Module. Les trois astronautes éclatèrent de rire !

    Walter Schirra - "Oh mon bateau ! "

     
    L’astronaute Walter Schirra était l’heureux et très fier propriétaire d’un magnifique voilier équipé des dernières technologies en matière de communication et de navigation, dont la cabine, qui contenait du mobilier en bois précieux, bénéficiait des aménagements les plus raffinés.  Bill Dana (le comédien qui a inventé le personnage de l’astronaute couard José Jimenez) et quelques astronautes, décident un jour de lui faire une petite farce. Juste retour des choses pour qui connaît la propension de Jolly Wally (Wally l’amuseur) à piéger les uns et les autres avec des blagues mémorables…
    Quand les préparatifs furent terminés, Bill Dana demanda à un employé de la capitainerie du petit port de plaisance de Clear Lake, qui connaissait Schirra, de l’appeler pour l’avertir qu’une mini tempête inopinée menaçait le port et son bateau. Il lui assura qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver le voilier mais qu’il ne pouvait rien promettre.
    Complètement paniqué, Schirra se rendit sur les lieux et se précipita vers l’endroit où son voilier était mouillé.
    Il s’effondra littéralement lorsqu’il vit que son beau voilier avait coulé !
    Seul le haut du mat était encore visible…
     
    En voyant arriver les organisateurs de ce coup monté pliés en deux, Schirra comprit qu’il venait de se faire avoir, et ce, magistralement !
    Bill Dana et ses comparses avaient déplacé le voilier et planté dans l’eau l’exacte copie du mat original qu’ils avaient réussi à se procurer. Une blague d’une redoutable efficacité !  Gotcha !

    Mon nom est Buckley, Charles Buckley !

     
    Les astronautes avaient donné à Charlie Buckley, le responsable de la sécurité du Centre Spatial Kennedy, le sobriquet de « Superflic », ou plus malicieusement de « Rent-a-cop » (c’est le nom donné aux vigiles en uniforme, non armés, qui en cas de gros problème ne servent pas à grand-chose !).
    Le plus grand challenge de sa carrière fut bien évidemment la gestion de la sécurité du centre spatial lors du lancement d’Apollo 11. Plus d’un million de personnes s’étaient massés autour de Cap Canaveral, environ 3600 journalistes étaient présents, des chefs d’états et autres dignitaires, des célébrités, sans compter des manifestants pour la cause des pauvres et laissés pour compte, ulcérés par tout cet argent gaspillé, et des gens sans accréditation bien décidés à s’incruster.
     
    Après ces jours de folie, la situation ayant été gérée de main de maître, les astronautes et ses collègues de la sécurité décidèrent de lui faire un petit cadeau ! Ils réussirent à lui obtenir une pièce d’identité unique. Comme le très populaire Agent Secret britannique James Bond, « Superflic » Buckley devint la seule et unique personne au service du gouvernement fédéral à avoir une carte d’identité officielle portant le numéro... 007 !
    February 02

    Apollo 11 - Quelles activités symboliques sur la Lune ?

     
    C’est en février 1969, que Willis H. Shapley, le directeur associé adjoint de la NASA (le n°3 de l'agence spatiale, responsable du budget, des affaires législatives et des relations internationales), est nommé à la tête d’un comité dont le rôle est de déterminer la nature des activités symboliques que les astronautes devront effectuer sur la Lune…
     
    Voici leurs recommandations :
     
    1-     Aucune activité ne devra mettre en péril la sécurité des astronautes.
    2-     Ces activités ne devront  pas heurter de sensibilités, pour ce faire il faudra se mettre dans une perspective mondiale.
    3-     Ces activités doivent en outre se faire dans un contexte historique, sur le thème du « Un pas en avant pour toute l’humanité (« forward step for all mankind »)
    4-     Il faudra faire savoir de la manière la plus explicite, que c’est un accomplissement américain,  la meilleure façon étant de planter un drapeau américain sur la Lune,  mais tout en évitant que cela soit perçu comme une prise  de possession de territoire.
    5-     Une plaque commémorative, devrait être fixée sur l’étage de descente du module lunaire, représentant  les deux hémisphères de la Terre, sans frontières, et devra inclure le nom des astronautes, celui du président des Etats-Unis, ainsi qu’un petit texte insistant sur la nature universelle et pacifique de cette mission.
    6-     Il faudra que les astronautes emportent des drapeaux miniatures de chacun des 50 Etats qui constituent l'Union, sans oublier le District de Columbia, des territoires américains,  des drapeaux de toutes les nations de la Terre (qui seront ensuite remis aux chefs d’état), et bien sûr des Etats-Unis. On y ajoutera  deux drapeaux américains de taille normale (l’un pour le Sénat, l’autre pour la Chambre des Représentants).
    7-     Création d’un tampon oblitérateur qui fera le voyage vers la Lune que  les services postaux utiliseront pour réaliser des enveloppes commémoratives.

    Donald Kent "Deke" Slayton - La route à été très longue !

     
    Donald Kent “Deke” Slayton devait être le deuxième américain en orbite et effectuer trois fois le tour de la Terre en mai 1961 à bord de sa capsule Mercury qu’il avait baptisé Delta 7 (Mission MA-7 Delta 7). Le sort en décida autrement !
     
    Depuis le 25 aout 1959, la NASA a connaissance d’un léger trouble intermittent du rythme cardiaque de Deke Slayton, en effet ce jour là, il se trouve à la base aérienne de Johnsville (US Navy) en Pennsylvanie pour une séance de centrifugeuse. Bill Douglas le médecin des astronautes « branche» l’électrocardiogramme et décèle très vite une arythmie sinusale, et ce, avant, pendant et après la séance. Afin de confirmer le diagnostic, il lui prescrit  un examen cardiaque complet à l’Hôpital Naval de Philadelphie au cours duquel aucune anomalie n'est décelée.  Un mois plus tard Slayton subit de nouveaux tests à la base aérienne Brooks (US Air Force) au Texas. Cette fois, les deux cardiologues Charles Kossman et Lawrence Lamb diagnostiquent une « fibrilation atriale idiopathique », une anomalie mineure du rythme cardiaque. Son statut n'est aucunement remis en cause.
    Deke Slayton continue donc ses activités d’astronaute tout à fait normalement jusqu’en 1962.
    Trois semaines après le vol de John Glenn et deux mois avant le sien, l’administrateur de la NASA, James Webb décide de rouvrir son dossier médical et de procéder à de nouveaux examens…
    Ainsi, le mardi 13 mars 1962, Deke Slayton et Bill Douglas se rendent au Temple Building à Washington pour rencontrer le médecin général de l’US Air Force, assisté d’une vingtaine de spécialistes. Après des tests très poussés, ils concluent que Slayton est apte au vol spatial.
    Curieusement, James Webb n’est pas d’accord, il veut qu'il soit examiné par des médecins civils. Aussitôt dit, aussitôt fait, Slayton est convoqué deux jours plus tard, jeudi 15 mars, au quartier général de la NASA où l’attendent trois médecins, Proctor Harvey de l’Université de Georgetown, Thomas Mattingley du Centre Hospitalier de Washington et Eugene Braunwell de l’Institut National de la Santé. En guise d'examen ces derniers lui demandent d’enlever sa chemise et à tour de rôle écoutent son cœur avec un simple stéthoscope !
    Quelques minutes plus tard, Hugh Dryden, l’Administrateur adjoint de la NASA, lui annonce de but en blanc qu’il est interdit de vol spatial.
    Ces "toubibs" qui n’avaient aucune raison médicale objective pour le clouer au sol, avaient émis une recommandation des plus avisées : « Si vous avez des pilotes qui n’ont pas de problème cardiaque, pourquoi ne pas faire voler plutôt ceux là ! »
    Le 16 mars, la NASA organise une conférence de presse au cours de laquelle Slayton annonce sa situation et l’annulation de son vol. Lorsqu’un imbécile de journaliste lui demande ce qu’il pense être le moment le plus stressant d’un vol spatial, il fait cette réponse acerbe : «  La conférence de presse d’après vol ! »
    En juillet 1970,  après une hygiène de vie exemplaire et un traitement journalier à base de vitamines et de quinidine, le petit trouble cardiaque de Deke Slayton disparaît, en mars 1972 il recouvre totalement son habilitation au vol, et est réintégré de plein droit dans le corps des astronautes, devenant ainsi éligible pour un vol spatial. Le 9 février 1973 il est sélectionné pour la mission conjointe américano soviétique Apollo Soyouz.
     
    Après 17 ans d’attente, entre temps il a été responsable du bureau des astronautes puis Directeur du Flight Crew Operations, (Suprême ironie, c’est lui qui désignait les équipages pour les missions spatiales) il peut enfin accomplir son rêve : aller dans l’espace !

    Apollo 11 - Le disque de silicium

     

    Outre les 73 messages de Chefs d’Etat étrangers, le disque de silicium d’Apollo 11 (cf anecdote du 1er février) contient le message du Président des Etats-Unis en exercice, Richard Nixon précédé par des extraits de discours, bien évidemment en relation avec la conquête de l’espace, prononcés par les anciens Présidents, Eisenhower, Kennedy (le célébrissime « I believe this nation… ») et Johnson, il y a également les listes : des leaders du Congrès, des membres des quatre comités et sub comités de la Chambre des Représentants et du Sénat, de tous les Administrateurs de la NASA depuis sa création, et des principaux responsables de la NASA (Wernher von Braun, Kurt Debus, Robert Gilruth, Samuel Phillips…)

     

    Tous ces messages ont été photographiés et la photo ainsi obtenue a été réduite 200 fois.

    Cette dernière a été transférée sur du verre qui a été utilisé comme un masque (un pochoir) à travers lequel on a envoyé de la lumière ultra violette afin que le message s’imprime sur une fine pellicule de résine photosensible déposée sur la surface du disque (les lettres minuscules ont une épaisseur quatre fois inférieure à celle d’un cheveu humain). Après un processus ultra secret connu que par une poignée de personnes, le disque est lavé à l’acide hydrofluorique pour finaliser la gravure. (cf Lithophotographie)

    Le brevet déposé pour cette invention réalisée en trois semaines par John Sprague, Robert Pepper, Eugene Donovan, Frederick Howe, porte le numéro 3 607 347 (U.S patent)